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Du 21 au 24 octobre 2026, la 9e édition des Rencontres Musicales Africaines (REMA) réunira professionnels, artistes et jeunes à Ouagadougou. Au cœur de cette édition : la monétisation des audiences numériques, l’intelligence artificielle, la professionnalisation du secteur et la valorisation des talents burkinabè.
Le grand rendez-vous culturel musical entend franchir une nouvelle étape, à savoir faire de l’engagement numérique de la jeunesse un véritable levier de développement pour l’industrie musicale africaine. Cette année, les REMA placent au centre des débats un enjeu déterminant pour les artistes du continent : comment convertir la visibilité acquise sur les réseaux sociaux en revenus durables ?

Des « followers » aux consommateurs : le défi de la monétisation
Le thème de cette 9e édition, « Followers : de passif à actif », résume l’ambition des organisateurs. Pour Alif Naaba, commissaire général des REMA, la musique africaine souffre encore d’un important « gap de monétisation » : les artistes bénéficient d’une audience croissante, mais cette popularité ne se traduit pas toujours par des achats, des billets vendus ou des écoutes génératrices de revenus. « Les followers sont devenus une force importante qui vient valider et donner de la visibilité à la musique. Notre réflexion vise à mettre en place des mécanismes pour que le follower passe du simple like à l’achat, qu’il vienne au concert et qu’il streame. Il s’agit de transformer cette audience en une véritable force économique », explique Alif Naaba.

L’intelligence artificielle au cœur de la stratégie culturelle
Autre temps fort de l’édition 2026 sera le Forum international sur l’intelligence artificielle, organisé en partenariat avec le ministère de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, sous le parrainage du ministre Pengdwendé Gilbert Ouédraogo.Prévu le 22 octobre, le forum aura pour thème « Réinventer la création, la visibilité et la valeur ». Les participants y examineront les possibilités offertes par l’IA dans les domaines de la création artistique, de la promotion des œuvres et de la valorisation économique des contenus.
Les talents burkinabè mis à l’honneur
La 9e édition des REMA sera entièrement dédiée à la jeunesse. L’objectif affiché par Alif Naaba est de faire de l’événement un espace professionnel, mais aussi un lieu de rencontre et de convivialité où les jeunes peuvent échanger, partager et vivre leur passion pour la musique.Cette volonté se traduit notamment par le Focus Burkina, un showcase consacré exclusivement à cinq artistes burkinabè. Sélectionnés par un comité composé de producteurs et de directeurs de festivals, ces talents auront l’occasion de démontrer la richesse et le niveau d’expertise de la scène locale.

L’Union européenne mise sur la culture et l’emploi des jeunes
Partenaire des REMA pour la troisième année consécutive, l’Union européenne renouvelle son soutien à la professionnalisation de l’industrie culturelle. Mme Inga Stefanowicz, cheffe du partenariat de l’UE au Burkina, a rappelé la vitalité de la scène burkinabè, de la musique à la danse, en passant par le cinéma et l’artisanat. « Le Burkina Faso est un pays de culture, que ce soit musique, danse, cinéma, artisanat. Notre soutien aux REMA s’inscrit dans un objectif transversal de soutien à la jeunesse, visant la professionnalisation du secteur et la création d’emplois pour les jeunes Burkinabè », a-t-elle déclaré.

Un programme rythmé par la formation, l’innovation et les concerts
Le programme s’ouvrira dès le 16 octobre avec un bootcamp « Musique à l’image » destiné aux producteurs et compositeurs de musique de film, une résidence créative live et l’atelier « Boost Instagram » pour les artistes. Le lancement officiel est prévu le 21 octobre au Centre culturel du Faso, avec une soirée réunissant cérémonie d’ouverture et prestations live.
Le 24 octobre sera consacré au jeune public avec REMA Village Enfants, contes et ateliers créatifs, tandis que REMA Play proposera deux soirées de concerts les 23 et 24 octobre. « Sur le REMA Play, c’est deux concerts maintenant au lieu d’un seul le vendredi et le samedi, pour que les gens puissent prendre le temps de vraiment vivre les REMA », explique Alif Naaba.
La digitalisation de l’événement sera renforcée par la REMA App, disponible sur Google Play et l’App Store, et la billetterie (1000 FCFA) fonctionnera en cashless via Orange Money, avec le service Maxit.
À Ouagadougou, la musique ne sera donc pas seulement célébrée. Elle sera aussi pensée comme un secteur créateur d’emplois, de revenus et de souveraineté culturelle.
Pierre Ouedraogo
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