Adoption de l’Intelligence Artificielle au Burkina Faso – Ce que révèle le premier baromètre national du Club DSI

Artificial Intelligence Digital Burkina Faso
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À l’occasion du DSI Digital Day, le Club DSI du Burkina Faso, en partenariat avec la Maison de l’Intelligence Artificielle, a dévoilé les résultats du tout premier Baromètre national sur l’adoption de l’IA. Présenté par Bonaventure Barry, cet état des lieux inédit établi auprès de 112 organisations dresse la cartographie précise de la maturité, des usages et des défis technologiques dans le pays.

Une mobilisation rapide et un engagement fort des organisations

Le lancement de cette enquête a suscité un engouement immédiat au sein du tissu économique et institutionnel. Sur près de 200 organisations sollicitées, plus d’une centaine ont répondu en une semaine seulement, traduisant une attente élevée en matière de partage d’expériences et d’accompagnement.

Conçu sous la forme d’un tableau de bord dynamique, le baromètre évalue le niveau de maturité globale de l’utilisation de l’IA à 3,3 sur 5. Les données récoltées révèlent que 66% des organisations sondées sont désormais engagées dans des initiatives liées à l’intelligence artificielle :

  • 11% possèdent des projets IA déjà concrétisés et pleinement fonctionnels ;
  • 17% testent des solutions à travers des phases pilotes internes ;
  • 33% indiquent ne pas avoir encore initié de projet IA.

Secteurs leaders, outils et cas d’usage prédominants

L’analyse sectorielle montre que le domaine du Numérique et des Télécoms figure en tête de l’adoption. Il est directement suivi par les secteurs des banques, de la recherche, ainsi que de l’industrie et de l’énergie.

En matière d’usages quotidiens, les organisations privilégient principalement trois applications clés :

  • L’analyse de données ;
  • L’IA générative ;
  • Les chatbots.
Présentation Baromètre IA Burkina

Du côté des solutions technologiques déployées sur le terrain, les outils édités par OpenAI, Microsoft et Claudeconstituent les plateformes les plus fréquemment utilisées au sein des structures interrogées. Malgré les défis, le baromètre met en évidence une réelle confiance des acteurs quant au potentiel d’intégration de ces technologies.

Gouvernance, freins et besoins massifs en formation

Si l’intérêt pour l’IA est avéré, le rapport met en lumière d’importants chantiers d’encadrement et de structuration :

  • Un déficit de gouvernance : seules 29% des organisations disposent actuellement d’un système de gouvernance formalisé pour l’IA, soulignant un besoin urgent de régulation interne et stratégique.
  • Des freins structurels et sécuritaires : l’adoption se heurte à des obstacles majeurs liés aux contraintes budgétaires, stratégiques et d’infrastructures, ainsi qu’à des inquiétudes persistantes concernant la fuite et l’usage des données.
  • La priorité aux compétences humaines : pour surmonter ces freins, les besoins les plus critiques concernent la formation professionnelle ; qui représente la demande la plus forte, la sensibilisation managériale et le recrutement de spécialistes comme les Data Scientists afin de transformer la donnée en valeur économique.

Un outil décisionnel pour orienter les stratégies futures

Intégrant des commentaires et retours anonymes du terrain, ce baromètre appartient au Club DSI. Il a été pensé comme un instrument d’aide à la décision permettant de cibler les actions de sensibilisation, d’orienter les financements et d’adapter les politiques d’accompagnement technologique.

Pierre Ouedraogo


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