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La deuxième édition du DSI Digital Day s’est ouverte ce mercredi 16 septembre 2026 à Ouagadougou autour du thème : « De la stratégie à l’exécution : Data, cybersécurité, et IA au cœur de la performance et de la souveraineté numérique dans l’espace AES ». Organisée par le Club DSI du Burkina Faso avec l’appui des clubs DSI du Mali et du Niger, la rencontre réunit les directeurs des systèmes d’information des trois pays de la Confédération des États du Sahel.
Placée sous la présidence d’honneur de Bassolma Bazié, président de la Commission nationale de la Confédération AES du Burkina Faso, la cérémonie d’ouverture a réuni la ministre burkinabè de la Transition digitale, Dr Aminata Zerbo Sabané, ainsi que des représentations ministérielles du Mali et du Niger. Dès juin 2026, les organisateurs avaient annoncé l’élargissement de cette deuxième édition à l’ensemble de l’espace AES, avec pour objectifs la mutualisation des compétences, la standardisation des bonnes pratiques et le co-développement de solutions face aux défis cyber et d’infrastructures communs à la région.
L’exécution, « enjeu majeur de notre époque »
Pour les organisateurs, la priorité n’est plus à l’accumulation de schémas directeurs. Le président du Club DSI du Burkina Faso, Clément Combary, a rappelé que la valeur d’un investissement technologique ne s’arrête pas au jour de son déploiement, mais commence lorsque la solution est adoptée par les usagers, sécurisée et créatrice de valeur au quotidien.
Même exigence du côté du parrain de l’événement : « Nos populations attendent davantage des résultats concrets, des services accessibles, des procédures simplifiées, des administrations plus efficaces et accessibles. C’est pourquoi l’enjeu majeur de notre époque est celui de l’exécution. Nous devons passer du concept à l’action, de la vision à la réalisation, de l’ambition aux impacts mesurables », a déclaré Bassolma Bazié.

Cybersécurité et mémoire numérique
La cybersécurité s’est imposée au cœur des travaux comme le garant de la confiance et de la continuité des activités. Les DSI ont insisté sur l’intégration de la sécurité dès la conception de chaque projet (security by design), l’accélération de la digitalisation augmentant l’exposition aux attaques.
Bassolma Bazié a lié la sécurité globale de l’Alliance à la protection des systèmes d’information, appelant à préserver la mémoire et le patrimoine numériques confédéraux : « Pour que cette souveraineté puisse tenir même après que les armes vont s’éteindre, il y a un regard qu’on doit commencer à avoir de façon assidue qui est la question de la gestion de notre mémoire, de la gestion de notre sécurité dans cet espace mondial digital ». Il a mis en garde contre les vulnérabilités susceptibles de paralyser l’économie ou le système financier d’un pays, érigeant la cybersécurité en composante de la défense stratégique de l’espace confédéral.
Premier baromètre national de l’adoption de l’IA
Les travaux ont également mis en lumière la donnée et l’intelligence artificielle. Clément Combary a plaidé pour le passage d’une collecte passive à une maîtrise fiabilisée et sécurisée de l’information, notant à propos de l’IA que « le moteur progresse parfois plus vite que le frein » et recommandant d’avancer conjointement sur l’innovation et l’encadrement réglementaire.La rencontre a été marquée par la présentation du premier Baromètre national de l’adoption de l’IA, exposé par Bonaventure Barry et conçu par le Club DSI en partenariat avec la Maison de l’IA. Menée auprès de 112 organisations, l’étude révèle un score moyen de maturité de 3,3 sur 5 : 66 % des structures sont engagées dans des démarches liées à l’IA — dont 11 % de projets déjà opérationnels et 17 % en phase de test pilote — avec les télécoms, la banque, la recherche et l’énergie en tête. L’étude pointe toutefois des contraintes budgétaires et d’infrastructures, et rappelle que seules 29 % des entités disposent d’une gouvernance formalisée pour l’IA.

Une souveraineté numérique partagée
Pour finir, les intervenants ont réaffirmé que la souveraineté numérique ne signifie pas l’isolement, mais la capacité des États et des organisations de l’AES à comprendre, choisir, maîtriser et protéger ce qui est stratégique pour leurs nations ; par une coopération renforcée entre administrations, entreprises privées et institutions académiques des trois pays.
« Ensemble, passons de la stratégie à l’exécution, ensemble construisons une AES numérique souveraine, performante et résolument tournée vers l’avenir », a lancé Bassolma Bazié en ouvrant les travaux.
Pierre Ouedraogo
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