Technologie / Burkina Faso : une élève-ingénieure conçoit deux systèmes d’IA pour détecter inondations et fuites d’eau

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Une élève ingénieure burkinabè de l’ENSA de Fès a développé, durant un stage chez VIKBA&CO Technology, deux solutions d’intelligence artificielle : l’une pour repérer des inondations à partir d’images de drones, l’autre pour détecter des fuites d’eau sur un réseau connecté.

Deux systèmes d’intelligence artificielle destinés à la gestion des risques et des ressources en eau ont été mis au point au sein de l’entreprise burkinabè VIKBA&CO Technology, par une stagiaire de 20 ans, OUEDRAOGO Leïla Ramatoulaye, élève ingénieure en première année de cycle ingénieur à l’École Nationale des Sciences Appliquées (ENSA) de Fès, au Maroc.

Un drone qui apprend à repérer l’eau 

Le premier projet vise la détection automatique d’inondations à partir d’images aériennes captées par drone. La stagiaire a constitué un jeu de données à partir de plusieurs sources, avant de comparer trois modèles de reconnaissance d’images légers ; MobileNetV2, MobileNetV3-Large et EfficientNetB0 : adaptés au contexte ouest-africain. Le modèle retenu, MobileNetV2, a ensuite été converti et allégé pour fonctionner directement sur un mini-ordinateur Raspberry Pi 4, avec un temps de traitement d’environ 210 millisecondes par image. Il affiche un F1-score de 0,918 et un taux de rappel de 0,954 sur le jeu de test.

Le modèle d’IA développé par Leïla Ouédraogo classe les images aériennes captées par drone en « inondé » ou « non inondé », avec un temps de traitement de 210 ms sur Raspberry Pi 4

Des fuites détectées avant qu’elles ne coûtent cher 

Le second projet concerne la détection de fuites d’eau sur la plateforme de télérelève IoT de l’entreprise. À partir de données de consommation exportées depuis une base InfluxDB, Leïla Ouédraogo a développé un modèle d’apprentissage non supervisé ; un Isolation Forest ; capable de distinguer une fuite progressive, une fuite importante, une réparation en cours ou une simple hausse de consommation liée à un changement d’occupants. Ce modèle, intégré au serveur de l’entreprise, atteint un F1-score de 0,919 sur les scénarios testés.

Selon VIKBA&CO Technology, ces travaux ont également permis à la stagiaire de se familiariser avec les pratiques du développement logiciel professionnel ; gestion de versions avec Git, organisation du code et expérimentations reproductibles. Ses travaux sont désormais versionnés sur le dépôt GitHub privé de l’entreprise, qui prévoit de les intégrer progressivement à ses systèmes de production.

L’entreprise inscrit cette expérience dans un contexte plus large, celui de l’appel du président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, à une appropriation accrue de la science et de la technologie par la jeunesse burkinabè. Elle y voit l’illustration de sa conviction que la maîtrise de la technologie relève avant tout de la curiosité et du travail, indépendamment du genre.

Pierre Ouedraogo


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