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L’État ivoirien entend accélérer la transformation numérique de son administration en donnant la priorité à 59 services publics jugés à fort impact. L’information a été communiquée par le ministère de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, à l’issue de l’atelier national consacré aux Infrastructures publiques numériques, tenu les 3 et 4 septembre à Abidjan.
La Côte d’Ivoire veut franchir un nouveau cap dans la digitalisation de ses services publics. À l’issue de deux jours d’atelier national, organisé a Abidjan, le gouvernement a retenu 59 services considérés comme prioritaires parmi les 620 recensés dans l’administration publique.
La rencontre, organisée par le ministère de la Transition numérique et de l’Innovation technologique (MTNIT), en collaboration avec la Société nationale de développement informatique (SNDI), constitue la première étape de la feuille de route nationale des Infrastructures publiques numériques (DPI). Elle a réuni 84 participants issus de 56 institutions.
59 services prioritaires sur 620 recensés
Les chiffres présentés lors de l’atelier donnent la mesure du chantier. Sur les 620 services publics recensés, 140 ont été examinés par neuf groupes de travail. Au terme de cette analyse, 59 services ont été identifiés comme présentant un fort impact pour les citoyens et comme devant être traités en priorité.
10 premiers services, qualifiés de « quick wins », doivent être développés d’ici à la fin de l’année 2026. La liste comprend notamment l’authentification des diplômes, la preuve de vie numérique des retraités, le dossier patient informatisé et la boîte postale numérique.
Ces priorités doivent permettre de répondre à des besoins concrets, tout en donnant une traduction opérationnelle à l’objectif d’une administration plus accessible depuis un téléphone mobile ou un ordinateur. « Après cet atelier, c’est de lancer leur développement, de les mettre sur la plateforme d’interopérabilité et de faire en sorte que les citoyens, au travers de leur smartphone ou de leur ordinateur, puissent bénéficier de ces services », a déclaré le ministre Djibril Ouattara à la clôture des travaux.
Cinq infrastructures communes au cœur de la stratégie
Les travaux ont également fait ressortir cinq infrastructures communes jugées indispensables à la modernisation de l’administration ivoirienne : l’identité numérique, l’échange de données, une passerelle de paiement unique, les services de confiance et les registres de référence.
Ces briques doivent fournir un socle commun aux administrations et éviter que chaque institution ne développe des plateformes isolées, difficilement compatibles entre elles. L’ambition affichée est de parvenir à une administration « zéro papier » à l’horizon 2030.
Le diagnostic établi pendant l’atelier pointe toutefois plusieurs obstacles : fragmentation des plateformes, faible interopérabilité et absence d’identité numérique unique effectivement utilisée de manière homogène par les administrations. Un même identifiant national peut encore être exploité différemment selon les services concernés.
Face à cette dispersion, l’idée d’une « super app » et d’un portail d’accès unique pour l’ensemble des services publics a été avancée. L’objectif serait de simplifier le parcours de l’usager, en regroupant les démarches et en permettant un accès plus cohérent aux services de l’État.
Le gouvernement veut renforcer la coordination
Pour le ministre Djibril Ouattara, la réussite de cette transformation ne dépendra pas uniquement des investissements technologiques. Elle reposera surtout sur la capacité des institutions à coordonner leurs projets, à partager les mêmes standards et à travailler sur des infrastructures communes. « Je pense qu’on peut faire mieux si on travaille ensemble, si on applique un certain nombre de règles », a-t-il déclaré. Le ministre a également plaidé pour la relance du CN Digit, le Conseil national du numérique placé sous la présidence du Premier ministre. Trois projets de décrets seraient actuellement à l’étude afin de renforcer ce cadre de gouvernance et de coordination de la transformation numérique.
Une feuille de route à financer
La prochaine étape consistera à arrêter la liste des 100 premiers services à digitaliser. Cette sélection devra préciser les services à développer en priorité, leurs administrations responsables, les infrastructures nécessaires et les modalités de leur déploiement sur la plateforme d’interopérabilité.
Le financement figurera également au centre de la suite du processus. Un « compact » numérique est annoncé avec la Banque mondiale, tandis qu’une table ronde consacrée à la mobilisation des fonds doit se tenir en décembre.
La Côte d’Ivoire dispose ainsi d’un calendrier et d’une première hiérarchisation des projets. Reste désormais à transformer les conclusions de l’atelier en services effectivement disponibles, interconnectés et utilisables par les citoyens. Le passage d’une logique de projets institutionnels séparés à une architecture publique numérique commune constituera le principal test de la feuille de route annoncée.
Pierre Ouedraogo
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