Burkina Faso/Ouagadougou : Vers une sécurisation durable de la Ceinture Verte avec le lancement officiel des travaux de délimitation physique à Rimkièta

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Le jeudi 02 juillet 2026, la ville de Ouagadougou a franchi une étape historique pour la préservation de son environnement. À Rimkièta, dans l’arrondissement n°3, les autorités ont officiellement lancé les travaux de délimitation physique et de sécurisation de la Ceinture Verte de Ouagadougou (CVO). Cette initiative, portée par la Commune à travers le Projet d’Appui à la Croissance Économique Urbaine et à la Gouvernance Métropolitaine du Grand Ouaga (PAGO), vise à protéger ce « poumon écologique » menacé par l’urbanisation galopante.

Un rempart écologique contre les défis urbains

Face à une croissance démographique sans précédent et aux effets des changements climatiques, la protection de la Ceinture Verte est devenue une priorité stratégique. Comme l’a souligné le Maurice KONATE, Président de la Délégation Spéciale (PDS) de la Commune de Ouagadougou, cet espace n’est pas qu’un simple boisement : « Elle constitue un patrimoine environnemental, foncier et paysager d’une valeur inestimable » assurant la régulation du microclimat et la protection des sols.

Cependant, l’absence de limites claires a favorisé, au fil des ans, les occupations irrégulières et la spéculation foncière. Barnabé KABORE, Directeur Général des Eaux et Forêts a rappelé que si le projet initial de 1976 visait à couvrir 2 100 hectares, la majeure partie de cet espace a été progressivement dégradée ou occupée par des habitations et des carrières. Il a ensuite salué la pose de la première borne comme un acte historique et technique concret, indispensable pour matérialiser définitivement les limites de ce patrimoine, stopper la spéculation foncière et lancer sa réhabilitation durable. « La borne que nous posons aujourd’hui est bien plus qu’un simple repère géographique. Elle symbolise notre engagement collectif à protéger durablement la Ceinture Verte […] », déclare M. KABORE.

125 kilomètres de bornage pour une visibilité totale

L’opération lancée ce jour marque le passage de la théorie à l’action concrète sur le terrain. Valentin BAYIRI, coordinateur du PAGO, a apporté des précisions techniques majeures sur l’ampleur de la tâche : « Dans cette délimitation, nous sommes en train de délimiter un espace d’un périmètre de 125 km environ ».

Pour garantir cette visibilité, un dispositif robuste sera mis en place :

  • Plus de 500 bornes seront implantées sur l’ensemble du périmètre.
  • Des grandes bornes seront installées chaque kilomètre, intercalées par des bornes de taille moyenne tous les 250 mètres.
  • Des panneaux de signalisation viendront renforcer la matérialisation des limites.

L’objectif est clair : « Si tu te trouves à l’intérieur de la borne, tu sais pertinemment que tu es sur la ceinture verte », prévient Valentin Bayiri, afin d’éviter les empiétements par méconnaissance. Le tracé intègre désormais les différentes « branches » de la ceinture, incluant les cours d’eau vers les barrages de Zagtouli, Saaba et Loumbila.

Une gouvernance foncière renforcée

Au-delà de l’aspect technique, cette opération est un levier de gouvernance. Mme IDO NIESSI Philadine, Secrétaire Technique de l’Autorité Nationale de Coordination du Foncier (ANCF), a affirmé que cette délimitation est une condition indispensable à la « sécurité juridique des biens » et à la prévention des conflits. L’ANCF assure le leadership institutionnel pour que cet espace soit, à terme, inscrit dans le livret foncier national.

Un appel à la collaboration citoyenne

La réussite de ce projet dépend de l’adhésion des populations riveraines. Le Premier vice-président de la Délégation Spéciale de l’Arrondissement 3, Séni KORBEOGO a lancé un appel fraternel aux habitants : « Accueillez favorablement les équipes techniques qui interviendront sur le terrain. […] Cette opération n’est dirigée contre personne ». Il a insisté sur le fait que la Ceinture Verte est un « héritage que nous avons le devoir de transmettre aux générations futures ».

En matérialisant ces limites, la Commune de Ouagadougou et ses partenaires (Eaux et Forêts, cabinet GEOIDE, ANCF) posent les bases d’une ville plus résiliente et durable. Comme l’ont rappelé les différents intervenants, protéger la Ceinture Verte, c’est avant tout protéger l’avenir de la capitale burkinabè.

Pierre Ouedraogo


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