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Le Secrétariat permanent pour l’élimination du paludisme a officiellement annoncé, ce 23 juin, le lancement de la campagne 2026 de Chimio-prévention du Paludisme Saisonnier + (CPS+). Portée par le Dr Kompaoré Sidzabda Christian Bernard, cette initiative d’envergure entend protéger près de cinq millions d’enfants grâce à une distribution gratuite de traitements préventifs, couplée à des actions intégrées de dépistage, de vaccination et d’assainissement.
Le Burkina Faso franchit une nouvelle étape cruciale dans sa lutte contre le paludisme. Le Secrétariat permanent pour l’élimination du paludisme a officiellement lancé l’édition 2026 de la Chimioprévention du paludisme saisonnier plus (CPS+). Cette campagne, qui mobilise d’importantes ressources, vise à protéger les plus vulnérables durant la période de haute transmission.
Une stratégie intégrée pour une protection maximale des tout-petits
Au cours de cette campagne, les enfants âgés de 3 à 59 mois recevront gratuitement des médicaments préventifs contre le paludisme. Dans certaines zones ciblées, les enfants de 5 à 9 ans seront également pris en compte dans la stratégie de lutte contre la maladie. Les passages de distribution se dérouleront sur cinq mois, de juin à octobre 2026, à travers une approche de proximité reposant notamment sur le porte-à-porte assuré par des distributeurs communautaires.
La CPS+ consiste donc en l’administration gratuite de médicaments préventifs aux enfants âgés de 3 à 59 mois. Selon le Dr KOMPAORÉ Sidzabda Christian Bernard, Secrétaire Permanent pour l’élimination du paludisme, l’impact de cette intervention est majeur : elle permet une réduction d’environ 75 % des cas de paludisme chez les enfants dans des conditions optimales, ainsi qu’une diminution significative des formes graves et des décès.

L’innovation de cette approche réside dans son aspect intégré, d’où le « + » de CPS+. Au-delà de l’administration de médicaments, la campagne inclut désormais :
- Le dépistage de la malnutrition aiguë.
- La recherche et le rattrapage des enfants non à jour de leur vaccination antipaludique.
- La destruction des gîtes larvaires pour assainir l’environnement.
- La prise en charge communautaire des enfants fébriles.
Pour cette année, l’objectif est ambitieux : près de 5 millions d’enfants seront protégés au cours de cinq passages mensuels allant de juin à octobre 2026.
Bilan 2025 et défis 2026 : L’importance du respect du traitement
Le succès de la campagne précédente encourage les autorités sanitaires. Le Dr OUEDRAOGO Kiswensida Ousseni, Chef du département prise en charge et prévention, souligne que le bilan 2025 est très satisfaisant avec une couverture de plus de 94 % des enfants attendus. Les efforts conjugués ont permis de passer d’environ 10 millions de cas annuels à 7 millions en 2025, évitant ainsi près de 3 millions de cas de paludisme et réduisant la mortalité, qui est passée de plus de 3 000 décès à moins de 2 000.

Cependant, le défi majeur pour 2026 reste l’observance du traitement. Pour que le médicament soit efficace, l’enfant doit impérativement prendre ses doses sur trois jours consécutifs. Si la première dose est souvent administrée devant l’agent de santé, les deuxième et troisième doses, laissées à la charge des parents, sont parfois oubliées ou négligées.
Le Dr OUEDRAOGO rappelle que le choix de la période n’est pas fortuit : plus de 60 % des cas de paludisme surviennent pendant la saison des pluies (juin à novembre), période où les moustiques trouvent des conditions idéales pour se reproduire. La CPS+ s’inscrit donc dans une « offensive saison des pluies » incluant également la communication intensifiée et, dans certaines zones, la pulvérisation intradomiciliaire.La CPS+ 2026 se présente comme une offensive concertée mêlant prévention médicamenteuse et interventions communautaires et environnementales. Pour atteindre l’objectif d’éradication durable, les autorités appellent à une mobilisation collective : respect strict du traitement, implication des parents et assainissement des milieux de vie. À travers cette campagne, les autorités affichent une ambition claire : réduire durablement l’impact du paludisme chez l’enfant et progresser vers son élimination grâce à une action coordonnée entre prévention médicale, vaccination, engagement communautaire et hygiène de l’environnement.

Pierre Ouedraogo
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