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À l’heure où le téléphone portable est devenu un outil de communication, de paiement, de commerce et d’information, les risques numériques progressent aussi. Faux concours, piratage de comptes WhatsApp ou Facebook, liens frauduleux, usurpation d’identité, offres d’emploi douteuses et publications mensongères : les pièges se multiplient sur les réseaux sociaux et les messageries.
Face à cette situation, la Brigade centrale de lutte contre la cybercriminalité (BCLCC) on s’en souvient, a inauguré, le 8 septembre dernier, un studio multimédia destiné à renforcer la communication préventive. L’infrastructure doit notamment servir à produire des capsules de sensibilisation à la cybersécurité, à déconstruire les fausses informations et à vulgariser les bonnes pratiques numériques.
Mais au-delà des actions institutionnelles, la première protection reste la vigilance de chaque utilisateur. Voici comment reconnaître les principales menaces qui circulent en ligne.

1. L’arnaque joue souvent sur l’urgence
Une grande partie des escroqueries numériques cherchent à provoquer une réaction immédiate : peur, précipitation, curiosité ou appât du gain.
Un message peut, par exemple, annoncer que votre compte sera bloqué dans quelques minutes, que vous avez gagné un téléphone, que vous devez récupérer un colis ou qu’un proche a besoin d’argent en urgence. L’objectif est simple : vous pousser à cliquer sur un lien, à appeler un numéro ou à transmettre une information confidentielle avant de prendre le temps de vérifier.
Le bon réflexe : ne pas agir sous pression. Avant de cliquer, relire le message, vérifier l’identité de l’expéditeur et contacter directement la personne ou l’entreprise concernée par un canal fiable.
Un opérateur de téléphonie, une banque ou une administration ne devrait pas demander, par simple message WhatsApp, Facebook ou SMS, votre code secret, votre mot de passe ou les informations complètes de votre carte bancaire.
2. Une fausse page imite l’apparence d’une vraie
Les fraudeurs créent fréquemment des pages Facebook, des sites web ou des comptes WhatsApp qui ressemblent à ceux d’entreprises, de médias, de banques, d’institutions publiques ou de personnalités connues. Logo copié, photos officielles, publications reprises : tout est fait pour inspirer confiance.
Certains détails doivent alerter :
- Le nom de la page contient une faute, un signe inhabituel ou une lettre ajoutée.
- L’adresse du site internet est étrange ou comporte des mots superflus.
- La page est très récente, publie peu de contenus ou ne présente aucune information de contact crédible.
- Elle promet un gain facile, un prêt immédiat, une aide financière ou un recrutement sans procédure claire.
- Elle réclame de l’argent pour débloquer un don, un emploi, un visa ou un prix.
Le bon réflexe : rechercher la page ou le site officiel par soi-même, sans utiliser le lien reçu. Vérifier également l’historique de la page, sa date de création, ses publications antérieures et la cohérence de ses coordonnées.
3. Aucun code confidentiel ne doit être partagé
Le code reçu par SMS pour confirmer une connexion, un paiement Mobile Money, une récupération de compte ou une opération bancaire est personnel. Il ne doit jamais être communiqué à un tiers, y compris à une personne qui se présente comme agent d’un opérateur, banquier, technicien ou proche.
Une escroquerie très fréquente consiste à faire croire à la victime qu’elle a gagné un lot, reçu un transfert ou qu’elle doit « sécuriser » son compte. Le fraudeur demande ensuite le code de validation envoyé par SMS. Une fois ce code transmis, il peut prendre le contrôle d’un compte ou finaliser une opération financière.
Le bon réflexe : considérer tout code reçu par SMS comme une clé personnelle. Si quelqu’un le réclame, il faut interrompre immédiatement la conversation.
4. Un proche peut avoir un compte piraté
Recevoir un message de détresse d’un parent, d’un collègue ou d’un ami ne signifie pas toujours que cette personne est réellement à l’origine du message. Des cyberdélinquants parviennent parfois à prendre le contrôle de comptes Facebook, WhatsApp ou messagerie, puis contactent les proches de la victime pour demander une aide financière urgente.
Les messages suivent souvent le même scénario : accident, maladie, voyage, téléphone perdu, blocage à l’étranger ou besoin immédiat d’un transfert d’argent.
Le bon réflexe : appeler directement la personne sur son numéro habituel ou vérifier auprès d’un autre proche. Il ne faut pas envoyer d’argent sur la seule base d’un message écrit, même lorsque le nom et la photo du contact semblent authentiques.
5. Une information virale n’est pas forcément vraie
Une fausse information peut circuler très vite, surtout lorsqu’elle concerne la sécurité, la politique, la santé, les personnalités publiques, les concours, les recrutements ou les décisions administratives. Une image ancienne peut être présentée comme récente. Une vidéo tournée dans un autre pays peut être attribuée au Burkina Faso. Une déclaration peut être sortie de son contexte ou entièrement inventée.
Avant de partager une publication, quelques questions simples peuvent éviter d’amplifier une infox :
- Quelle est la source originale de l’information ?
- Le média, l’institution ou la personne citée existe-t-il réellement ?
- La publication indique-t-elle une date, un lieu et des éléments vérifiables ?
- D’autres sources fiables confirment-elles l’information ?
- Le contenu cherche-t-il surtout à choquer, à faire peur ou à susciter la colère ?
- L’image ou la vidéo correspond-elle vraiment à l’événement annoncé ?
Le bon réflexe : ne pas partager immédiatement. Prendre quelques minutes pour consulter les canaux officiels concernés, les médias reconnus ou plusieurs sources indépendantes. En cas de doute sérieux, mieux vaut s’abstenir de relayer.
6. Les promesses trop belles sont rarement gratuites
Un téléphone dernier cri offert à tous les internautes, un emploi garanti sans entretien, un prêt sans condition, une bourse immédiate ou un investissement qui double l’argent en quelques jours : ces promesses doivent éveiller la méfiance.
Les fraudeurs utilisent souvent les mots « urgent », « dernier délai », « offre limitée », « sélectionné », « cliquez maintenant » ou « envoyez ce message à dix personnes ». Ils comptent sur l’espoir ou la peur de manquer une opportunité.
Le bon réflexe : se demander ce que l’auteur du message gagne en échange. Lorsqu’une offre paraît trop avantageuse, il faut vérifier si elle est publiée sur les canaux officiels de l’organisation concernée et ne jamais verser de frais avant d’avoir confirmé son authenticité.
7. Protéger ses comptes réduit les risques
La prévention commence aussi par quelques gestes techniques accessibles à tous :
- Utiliser un mot de passe long et différent pour chaque compte important.
- Activer la vérification en deux étapes sur WhatsApp, Facebook, Gmail et les services de paiement lorsque cette option est disponible.
- Ne pas enregistrer ou transmettre ses mots de passe dans des groupes ou messages non sécurisés.
- Mettre régulièrement à jour son téléphone et ses applications.
- Éviter de se connecter à ses comptes sensibles à partir d’un appareil ou d’un réseau Wi-Fi public inconnu.
- Vérifier les autorisations accordées aux applications installées sur le téléphone.
- Bloquer et signaler les comptes suspects.
La création du studio multimédia de la BCLCC traduit la volonté de faire de la prévention un volet important de la lutte contre la cybercriminalité. Équipé pour produire des contenus audiovisuels de sensibilisation, il doit notamment contribuer à déconstruire les fausses informations et à diffuser des conseils de sécurité auprès des internautes.
Dans un environnement où l’information circule vite et où les paiements, démarches et échanges se déplacent progressivement vers le numérique, la prudence n’est plus une option. Vérifier avant de cliquer, protéger ses codes et refuser de partager une information non confirmée sont devenus des réflexes citoyens. Et le mot d’ordre qui s’impose est « vérifier avant de cliquer ».
Pierre Ouedraogo
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