Hantavirus : le virus silencieux transmis par les rongeurs qui inquiète les autorités sanitaires

HealthTech
Getting your Trinity Audio player ready...

La hantise du coronavirus refait surface avec le hantavirus. Mais l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) rassure en indiquant que les risques pour la santé publique associés au hantavirus sont minimes. Peu connu du grand public, le hantavirus peut provoquer des infections respiratoires ou rénales graves chez l’être humain. Transmis principalement par les rongeurs, ce virus refait régulièrement surface dans plusieurs régions du monde et rappelle l’importance de la prévention sanitaire.

Un virus discret mais potentiellement mortel

Le Hantavirus désigne une famille de virus présents principalement chez certaines espèces de rongeurs sauvages. Les humains peuvent être contaminés lorsqu’ils inhalent des particules provenant de l’urine, des excréments ou de la salive de ces animaux. Contrairement à certaines maladies virales très médiatisées, le hantavirus reste relativement rare, mais il peut entraîner des complications sévères, parfois mortelles.

Hantavirus

Une maladie qui attaque les poumons ou les reins

Selon les souches du virus, les symptômes peuvent varier. En Amérique, le hantavirus est surtout associé au syndrome pulmonaire à hantavirus, une maladie respiratoire grave qui peut évoluer rapidement vers une détresse respiratoire aiguë. En Europe et en Asie, certaines formes provoquent principalement des atteintes rénales connues sous le nom de fièvre hémorragique avec syndrome rénal.

Les premiers symptômes ressemblent souvent à ceux d’une grippe : fièvre, fatigue, douleurs musculaires, maux de tête et nausées. Cette similitude rend parfois le diagnostic difficile dans les premiers jours de l’infection.

Les rongeurs au cœur de la transmission

Les souris et les rats constituent les principaux réservoirs naturels du virus. Les contaminations surviennent généralement dans les zones rurales, les entrepôts, les greniers ou les habitations mal ventilées où les rongeurs circulent librement. Balayer des déjections sèches ou nettoyer un espace infesté sans protection peut suffire à projeter dans l’air des particules contaminées.

Les spécialistes rappellent toutefois que la transmission entre humains reste extrêmement rare pour la majorité des souches connues.

Pourquoi les autorités sanitaires restent vigilantes

Même si les cas demeurent peu fréquents à l’échelle mondiale, plusieurs pays surveillent activement les infections liées au hantavirus. Les changements climatiques, l’urbanisation et la prolifération de certains rongeurs pourraient favoriser une augmentation des risques dans certaines régions.

Les autorités de santé publique recommandent ainsi de limiter les contacts avec les rongeurs, de conserver les aliments dans des contenants fermés et de désinfecter correctement les lieux infestés avant tout nettoyage.

La prévention reste la meilleure protection

À ce jour, il n’existe pas de traitement antiviral spécifique universel contre le hantavirus. La prise en charge repose principalement sur les soins hospitaliers et l’assistance respiratoire dans les cas graves. C’est pourquoi la prévention demeure essentielle.

Le port de gants et de masques lors du nettoyage de zones potentiellement contaminées, l’amélioration de l’hygiène domestique et la lutte contre les infestations de rongeurs constituent les principaux moyens de protection contre cette maladie encore méconnue mais redoutée par les épidémiologistes.

Que dit l’OMS à propos du hantavirus ?

Selon l’OMS le hantavirus est une maladie zoonotique rare mais potentiellement grave, transmise principalement par les rongeurs infectés. L’OMS précise que les humains sont généralement contaminés par contact avec l’urine, les excréments ou la salive de rongeurs porteurs du virus. 

L’organisation explique que le hantavirus peut provoquer deux formes majeures de maladie :

  • le syndrome cardiopulmonaire à hantavirus, observé surtout dans les Amériques et pouvant entraîner une insuffisance respiratoire sévère ;
  • la fièvre hémorragique avec syndrome rénal, plus fréquente en Europe et en Asie, qui affecte principalement les reins et les vaisseaux sanguins. 

L’OMS souligne également qu’il n’existe actuellement ni traitement antiviral spécifique universel ni vaccin homologué contre le hantavirus. La prise en charge repose essentiellement sur les soins de soutien et une prise en charge précoce en milieu hospitalier.

Concernant la transmission entre humains, l’OMS affirme qu’elle reste extrêmement rare. Le seul virus connu capable d’une transmission limitée d’humain à humain est le virus Andes, identifié en Amérique du Sud, notamment en Argentine et au Chili. Cette transmission nécessite généralement un contact étroit et prolongé. 

Ces derniers jours, l’OMS a aussi rassuré sur le risque de propagation mondiale après plusieurs cas détectés sur le navire de croisière MV Hondius. L’organisation a déclaré que le risque pour la population générale restait « absolument faible » et que le hantavirus « n’est pas un nouveau Covid ». 

Le navire de croisière MV Hondius

Comment le hantavirus se compare au coronavirus du Covid-19 ?

Le hantavirus et le coronavirus du COVID-19 sont deux maladies virales très différentes, même si elles peuvent toutes deux provoquer des symptômes respiratoires graves. 

Les principales différences sont :

Différences principales entre coronavirus du covid-19 et hantavirus

Une contagiosité très différente

La principale différence réside dans la capacité de transmission. Le Covid-19 s’est propagé rapidement à travers le monde en raison de la transmission interhumaine par voie respiratoire. À l’inverse, le hantavirus infecte surtout les personnes exposées à des environnements contaminés par des rongeurs.

L’OMS insiste d’ailleurs sur le fait que le hantavirus « n’est pas un nouveau Covid ». Les autorités sanitaires considèrent actuellement le risque de pandémie mondiale comme très faible.

Une gravité parfois plus élevée chez les cas de hantavirus

Même si le nombre de cas est beaucoup plus faible, certaines formes de hantavirus présentent un taux de mortalité élevé. Le syndrome pulmonaire à hantavirus peut dépasser 30% à 40% de mortalité dans certains contextes cliniques. Le Covid-19, lui, a un taux de mortalité globalement inférieur, mais il a infecté des centaines de millions de personnes.

Autrement dit :

  • le Covid-19 est beaucoup plus contagieux ;
  • le hantavirus est beaucoup plus rare, mais peut être très sévère chez les personnes infectées.

Des stratégies de prévention différentes

Pour le Covid-19, les principales mesures reposaient sur :

  • la vaccination ;
  • le port du masque ;
  • la distanciation sociale ;
  • l’aération des espaces.

Pour le hantavirus, la prévention concerne surtout :

  • le contrôle des rongeurs ;
  • l’hygiène des habitations et entrepôts ;
  • le nettoyage sécurisé des zones infestées ;
  • le port de gants et de masques lors des opérations de nettoyage.

Deux crises sanitaires de nature différente

Le Covid-19 a profondément bouleversé l’économie mondiale, les systèmes de santé et les modes de vie à grande échelle. Le hantavirus reste, à ce stade, une menace sanitaire localisée et surveillée, principalement dans certaines régions rurales ou forestières.

Même si les deux maladies rappellent l’importance des zoonoses (ces infections transmises de l’animal à l’humain) ; leur impact épidémiologique et leur dynamique de propagation sont très différents.

Cet article ne constitue ni un conseil médical ni une directive émanant des autorités sanitaires nationales. Il s’inscrit dans une démarche d’information générale. Pour toute mesure sanitaire applicable dans notre pays, il convient de consulter les organismes compétents ou les autorités de santé officielles.

Digital Magazine Burkina Faso


En savoir plus sur Digital Magazine Burkina

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Laisser un commentaire