Foire aux semences de l’INERA 2026 : l’État burkinabè rachète tout pour sécuriser la campagne agricole

Digital World
Getting your Trinity Audio player ready...

17e édition de la foire aux semences et des innovations agricoles de l’INERA : 72 heures d’activité autour de l’innovation agricole.

L’offensive agro-pastorale et l’atteinte de la souveraineté agricole, appuyées par la recherche agricole, sont la base de cette foire qui, pour sa 17e édition, a pour thème : « Engagement de l’État, traçabilité semencière et innovations agricoles : leviers stratégiques de l’offensive agro-pastorale pour une souveraineté alimentaire au Burkina Faso ». La cérémonie d’ouverture s’est déroulée ce 29 mai au siège de l’INERA, en présence du ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Adjima Thiombiano, et du parrain, le ministre de la Santé, Lucien Kargougou.

Adopter les semences améliorées est au cœur de la transformation agricole, et la foire aux semences vient mettre à disposition des producteurs des semences de qualité améliorées, adaptées à notre climat, fruits des recherches des chercheurs de l’INERA. Le Burkina Faso, avec son fort taux d’agriculteurs, mise donc sur la recherche pour atteindre l’autosuffisance alimentaire. À cet effet, l’État a acquis l’intégralité des spéculations de variétés à haut rendement pour faciliter cette convergence vers l’autosuffisance.

Quelques semences exposées.

Pour Adjima THIOMBIANO, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, représentant le Premier ministre, l’indépendance alimentaire ne peut être obtenue sans actionner trois leviers interdépendants : un investissement étatique massif (dépassant 104 milliards de FCFA en équipements et intrants), une traçabilité rigoureuse pour contrer le fléau des fausses semences, et une innovation scientifique capable de proposer des semences résilientes face aux réalités du changement climatique. « La traçabilité semencière : produire aujourd’hui ne suffit plus. “La traçabilité est notre seule garantie contre les contrefaçons qui ruinent les efforts de nos producteurs. Elle garantit l’origine, la pureté et le potentiel de rendement des semences mises en terre », affirme M. THIOMBIANO, lançant ainsi un plaidoyer pour la protection du travail des agriculteurs face aux réseaux de falsification.

Visite des stands

Le Directeur de l’INERA, Dr Drissa SÉRÉME, a exprimé la gratitude de l’institution envers les autorités burkinabè, en particulier pour la mobilisation d’un financement de plus de 200 millions de francs CFA. Le Dr SÉRÉME souligne que cet investissement stratégique permettra à l’INERA d’intensifier ses recherches et sa production de semences de qualité, afin de soutenir concrètement l’offensive agro-pastorale et d’avancer vers la souveraineté alimentaire du Burkina Faso. « Plus de 200 millions de francs CFA ont été mobilisés par le camarade ministre d’État chargé de l’Agriculture […] au profit de la recherche environnementale et agricole », a déclaré le Directeur de l’INERA.Pour Dr Lucien Kargougou, ministre de la Santé et parrain de cette 17e édition, la semence est le premier déterminant de la santé nutritionnelle de la population. Il rappelle que la santé humaine commence dès le sol et l’acte de semer.

Dr Drissa SÉRÉME, Directeur de l’INERA

Une situation inédite pour cette 17e édition : l’absence de vente directe au public

Cette 17e édition de la foire aux semences se veut particulière, car, à l’exception de quelques spéculations telles que l’arachide, la plupart des semences ont été achetées en totalité par le gouvernement — céréales majeures incluses (mil, maïs, sorgho, riz). Cette décision gouvernementale est hautement stratégique : l’État burkinabè a procédé à un achat global et anticipé des semences de base directement auprès des stations de l’INERA pour sécuriser la campagne agricole nationale. « Cette foire-là, cette année, elle est un peu particulière. Nous sommes venus juste en exposition. On ne nous autorise pas à vendre ces différentes semences de base. Donc, le ministère de l’Agriculture a acheté presque toutes nos semences à Fada et dans les autres stations de l’INERA », a déclaré Acadius THIOMBIANO, chef de service scientifique et technique à l’INERA de Fada.

Acadius THIOMBIANO, chef de service scientifique et technique à l’INERA de Fada

Dr Soumabéré Coulibaly, chef de la station de recherche de Niangoloko, a également salué cette stratégie d’achat centralisé par l’État, qui s’étend aussi aux légumineuses riches en protéines (soja, niébé). « La station de Niangoloko est spécialisée dans la recherche sur les oléoprotéagineux […]. Les spéculations telles que le soja et le niébé ont été déjà commandées globalement par le ministère de l’Agriculture, qui se chargera de la redistribution auprès des producteurs et semenciers », a-t-il déclaré. Seules quelques spéculations comme le tournesol, sésame, arachide ou encore les produits aquacoles sont autorisés à la vente sur le site de la foire, qui se tient sur 72 heures, du 29 au 31 mai 2026.

Dr Soumabéré Coulibaly, chef de la station de recherche de Niangoloko

Pierre Ouédraogo


En savoir plus sur Digital Magazine Burkina

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Laisser un commentaire