SNC 2026 : 59 prix spéciaux pour célébrer l’excellence artistique burkinabè

Culture SNC BOBO
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La cérémonie de remise des prix spéciaux de la 22è édition de la Semaine nationale de la Culture (SNC) s’est tenue ce 1er mai à la Maison de la culture Mgr Anselme Titiama Sanou de Bobo-Dioulasso. Au total, 59 distinctions d’une valeur globale de 44 350 000 FCFA ont été décernées par 37 structures donatrices, témoignant d’un engagement croissant du secteur privé et des institutions envers la création culturelle nationale.

Une cérémonie placée sous le signe de la reconnaissance

C’est dans une atmosphère empreinte de solennité et de fierté culturelle que s’est déroulée la proclamation des prix spéciaux de la SNC 2026. La cérémonie a réuni, autour des lauréats, le président de l’Assemblée législative des Peuples, le Dr Ousmane Bougma, le ministre de la Culture, des Arts et du Tourisme, Gilbert P. Ouédraogo, ainsi que des autorités administratives de la région des Hauts-Bassins. Une présence institutionnelle de premier plan qui illustre l’importance accordée par les autorités à la promotion de la culture burkinabè.

Les prix spéciaux constituent un volet distinct des prix officiels de la SNC. Ils sont attribués à l’initiative de structures privées, d’entreprises partenaires, d’institutions et d’organisations de la société civile, qui choisissent librement de valoriser des disciplines ou des artistes particulièrement remarquables à leurs yeux. Cette année, 37 structures ont répondu à l’appel, contre moins en 2024, portant la valeur globale des récompenses de 29 700 000 FCFA à 44 350 000 FCFA, soit une hausse de près de 49 %.

« Ce sont 37 structures donatrices qui ont répondu présentes… 59 prix spéciaux ont été décernés pour une valeur globale de 44 350 000 francs CFA, contre 29 700 000 francs CFA en 2024. »— Gilbert P. Ouédraogo, ministre de la Culture, des Arts et du Tourisme

Le secteur privé, moteur du mécénat culturel

Pour le ministre Gilbert P. Ouédraogo, cette évolution quantitative et financière est le signe d’une prise de conscience croissante du secteur privé quant au rôle économique et social de la culture. Dans son allocution, il a salué la générosité des donateurs, dont l’engagement ne se dément pas d’année en année, et a tenu à souligner que la culture burkinabè est non seulement un patrimoine à préserver, mais également un secteur créateur de richesses et d’emplois.

Parmi les structures les plus engagées figurent des opérateurs de téléphonie et de services financiers numériques — Telecel Faso, Canal+, Orange Money, Wave Burkina —, mais aussi des entreprises industrielles comme SONABHY et des groupes miniers tels qu’IAM Gold. Cette diversité de secteurs confirme que la culture est désormais perçue comme un investissement à part entière dans l’écosystème économique national.

« Ce secteur, créateur de richesses et d’emplois, mérite des investissements à la hauteur de son potentiel. Je lance un appel à un engagement encore plus affirmé en faveur de la culture. »

— Gilbert P. Ouédraogo, ministre de la Culture

La danse traditionnelle, discipline reine de l’édition 2026

Sans surprise, la danse traditionnelle domine le palmarès des prix spéciaux. Discipline phare de la SNC, elle concentre à elle seule une large majorité des récompenses attribuées, tant dans les catégories pool jeune que pool adulte, ainsi que dans la section diaspora. La troupe Ardji Danse du Houet s’est particulièrement distinguée, raflant plusieurs prix de prestige dont le prix spécial prix Telecel Faso (pool adulte, 1 000 000 FCFA) Canal+ Burkina (pool jeune, 500 000 FCFA) et le prix Wave Burkina (pool adulte).

La diaspora a également été mise à l’honneur : la troupe Dafi, représentant la communauté malienne, a remporté le prix Orange Money (1 500 000 FCFA), tandis que la troupe Naba Yadega de la diaspora ivoirienne s’est vu remettre un prix spécial de 500 000 FCFA. Ces distinctions témoignent de la vitalité du lien entre Burkina Faso et ses communautés à l’étranger à travers l’expression artistique.

Littérature, arts plastiques et patrimoine culinaire à l’honneur

Au-delà de la danse, l’édition 2026 a mis en lumière la richesse multidisciplinaire de la création burkinabè. En littérature, Ouattara Y. Auguste a été primé pour son roman Le Prix du choix, une distinction qui confirme la vivacité de l’écriture fictionnelle nationale. En arts plastiques, le sculpteur Traoré Ibrahim, originaire du Houet, s’est vu décerner un prix spécial, saluant une discipline encore trop peu valorisée dans l’espace public.

L’art culinaire a également tenu une place notable. Plusieurs cuisinières ont été récompensées pour des recettes mettant en valeur les produits et saveurs locaux. Parmi elles, Mme Madiega de Boga, primée pour son couscous au moringa, Mme Kafando Adjaratou de la région du Koulse et Mme Gnoumou des Balé. Des distinctions qui consacrent la gastronomie comme composante à part entière du patrimoine culturel immatériel burkinabè.

Pierre Ouedraogo


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