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Dialogue Numérique de l’Association des Blogueurs du Burkina : La lutte contre la désinformation au Burkina Faso passe par l’éducation à l’esprit critique et l’utilisation responsable des outils de fact-checking.
Dans un contexte où la désinformation est désormais considérée par le Forum de Davos comme l’un des plus grands enjeux mondiaux, l’Association des Blogueurs du Burkina (ABB) a organisé à Ouagadougou un panel dédié au fact-checking. Cette quatrième session du Dialogue Numérique réunit blogueurs, journalistes et acteurs de la communication autour d’un objectif commun : assainir l’espace numérique burkinabè et renforcer la cohésion sociale face à la prolifération des fausses informations.
L’assainissement de l’espace numérique est un des objectifs de l’Association des Blogueurs du Burkina et c’est dans cette optique qu’elle a été organisée ce 7 novembre 2025 un panel sur le fact-checking. Cette session entre dans le cadre du quatrième Dialogue Numérique de l’ABB qui se veut être un espace civique pour le renforcement de la cohésion sociale et la lutte contre la désinformation.
Durant les deux années qu’aura duré le projet Espace Civique de l’ABB, plusieurs activités ont été menées. Selon Moussa Diallo, membre de l’ABB, trois panels ont été organisés sur la désinformation et la cohésion sociale dans les villes de Ouagadougou et de Ouahigouya. Également un atelier de formation au profit des Organisations de la Société Civile, ainsi qu’une conférence publique sur les objectifs de l’espace civique au profit des étudiants de l’Université Norbert Zongo de Koudougou. Des campagnes digitales et des messages de paix ont également été diffusés, portés par des leaders religieux et coutumiers dans cinq langues locales afin de renforcer le tissu social.

En plus de cela, des formations de fact-checking ont été animées au profit des blogueurs et ont permis de mettre en place une cellule de fact-checking qui a ainsi produit une trentaine de bilans de vérification. C’est toujours dans le déroulement de ses activités que la séance de panel s’est tenue à Ouagadougou au profit des acteurs de la communication, blogueurs et journalistes.
Un phénomène mondial aux répercussions locales
Animée par Ange Jordan Levi MEDA, Responsable éditorial de Fasocheck et journaliste, cette session s’est voulue pédagogique afin de montrer les réels enjeux de la désinformation à l’ère de l’intelligence artificielle appliquée au journalisme. En effet, cette session avait pour but de fournir les bases sur les outils de fact-checking, d’approfondir le travail de journalisme et de réduire la prolifération des fake news.
Le Burkina Faso n’est pas le seul pays impacté par la désinformation, mais fait partie d’un phénomène qui se veut mondial. “La désinformation a été cataloguée par le forum de Davos comme l’un des plus grands enjeux mondiaux aujourd’hui”, a déclaré Ange Jordan Levi MEDA. Il n’a pas manqué dans sa communication de revenir sur les impacts sur la société burkinabè. “Les répercussions que la désinformation peut avoir sur nos politiques publiques, sur l’intégrité physique des personnes et sur la qualité même de la vie et sur la vie même des personnes”, a-t-il fait savoir.

Le rôle crucial des acteurs de l’information
Sans éthique, sans déontologie, les fausses informations pullulent plus vite que la vérité et sont alimentées par des internautes qui veulent toujours du sensationnel. Et c’est là que le rôle des acteurs de l’information se dresse tel un rempart. “C’est important, surtout avec des acteurs qui sont très actifs sur les réseaux sociaux comme les blogueurs et les journalistes qui ont la charge de produire et diffuser de l’information de qualité”, a rappelé M. MEDA. En plus de cela, il y a les organisations de fact-checking qui mènent des campagnes massives d’éducation à la désinformation afin de réduire au mieux l’ampleur des fake news.
L’esprit critique : une compétence à cultiver
Les gens ne cherchent plus à avoir plusieurs versions des faits afin de rendre plus crédible l’information, ils sont sujets à des interprétations, a observé M. MEDA, qui a déclaré : “Il y a les faits et la version des faits”. Pour lutter efficacement contre la désinformation, il est crucial de ne pas accepter aveuglément tout ce qui circule en ligne. Il faut se poser les bonnes questions, croiser les sources et rechercher activement différentes versions d’un même fait pour se forger une opinion éclairée.
Comme solution principale, le panéliste du jour a proposé l’esprit critique. “L’esprit critique ça s’apprend, c’est une graine qu’on sème, qui germe et qui finit par donner du fruit”, a déclaré Ange Jordan Levi MEDA.
Des outils à la portée de tous, mais une vigilance humaine indispensable
Concernant les outils de fact-checking, de nombreux outils d’intelligence artificielle, moteurs de recherche, assistants et agents de vérification générés par l’IA permettent de faire des vérifications avec des sources scientifiques. Cependant, il est essentiel de rappeler que l’outil ne fait qu’agréger : la vérification humaine et la démarche critique de l’utilisateur restent l’étape finale indispensable.
Pierre Ouédraogo
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