Lancement de la 9e édition des REMA à Ouagadougou : Transformer les audiences numériques en leviers de développement pour la musique africaine

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Ouagadougou a donné ce mercredi 21 octobre, le coup d’envoi de la 9e édition des Rencontres Musicales Africaines (REMA), placée sous le thème « Followers : de passif à actif ». Artistes, professionnels de la filière, autorités et partenaires internationaux y réfléchissent aux moyens de transformer les audiences numériques en communauté engagée, capable de soutenir concrètement les carrières musicales.

Une ambition stratégique pour l’industrie musicale du continent

Depuis leur création, les REMA poursuivent une vision claire dédiée à la structuration et au développement du secteur musical africain. Selon Alif Naaba, directeur des REMA, cette démarche repose sur trois piliers fondamentaux :

  • Partager les bonnes pratiques autour de l’industrie de la musique ;
  • Consolider un réseau de professionnels sur les questions de développement du secteur ;
  • Découvrir et diffuser les artistes émergents et talentueux.

L’initiative bénéficie d’un soutien institutionnel et international fort, notamment du ministère de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme du Burkina Faso ainsi que de la délégation de l’Union européenne, partenaire officiel des REMA engagé en faveur de la cohésion sociale, du dialogue interculturel et de la paix.

« Followers : de passif à actif » : Le défi de l’économie numérique

Au cœur des réflexions de cette 9e édition se trouve la question de l’engagement sur les réseaux sociaux. Si les plateformes numériques offrent aujourd’hui une visibilité sans précédent aux créateurs, la simple accumulation d’abonnés, de vues ou de mentions « j’aime » ne suffit pas à garantir le succès économique d’une carrière.

« Avoir des milliers d’abonnés ne signifie pas toujours disposer d’un public engagé, capable de soutenir concrètement une carrière musicale. Notre défi est donc de transformer les audiences numériques en communauté active », a déclaré Alif Naaba lors de son discours d’ouverture.

Rejoignant cette analyse, Michel Saba, représentant du ministre de la Culture, a salué la pertinence d’un thème qui interpelle l’ensemble des acteurs de la filière sur les nouveaux modèles économiques du numérique. Il rappelle qu’un follower actif se caractérise par des actions concrètes : écouter les œuvres, les partager, assister aux spectacles, soutenir les projets et élargir la communauté de l’artiste.

L’enjeu est de transformer cet intérêt virtuel en valeur économique et culturelle, répondant ainsi aux défis structurels du secteur tels que la rémunération équitable, la protection des droits d’auteur et le financement de la création.

Innovations, IA et mise en lumière des talents locaux

Cette 9e édition des REMA se distingue par plusieurs temps forts et innovations stratégiques :

  1. Un forum dédié à l’Intelligence Artificielle (IA) : Organisé en partenariat avec le ministère de la Culture et le Binafaso, ce cadre explore les opportunités de l’IA pour la création tout en veillant à préserver les droits des artistes et la juste reconnaissance de leur travail.
  2. Un focus sur la scène musicale burkinabè : Des showcases dédiés accompagnent et soutiennent les talents émergents du Burkina Faso.
  3. Une centralisation des activités : Le Centre culturel du Fau accueille le cœur de la programmation professionnelle.
  4. Des concerts grand public : Deux soirées de prestations sont présentées, l’une ouverte à l’ensemble de la musique africaine et l’autre valorisant la scène locale.

En amont du festival, les REMA ont également intégré des formations spécialisées, notamment le bootcamp « Music à l’image », dont les attestations ont été remises à de jeunes compositeurs la veille de l’ouverture.

Culture, cohésion sociale et souveraineté

Pour les autorités burkinabè, la culture s’inscrit pleinement dans une dynamique de « réarmement culturel » portée par la Révolution Progressiste Populaire. Michel Saba a souligné que la musique constitue un puissant facteur de mobilisation des consciences, d’affirmation identitaire et un secteur économique capable d’offrir des perspectives concrètes à la jeunesse. Il a réaffirmé l’ambition du Burkina Faso d’en faire un pilier de développement national et un instrument de coopération culturelle africaine.

Michel Saba, Chargé de mission représentant le ministre de la Communication de la Culture des Arts et du Tourisme

De son côté, l’Ambassadeur de l’Union européenne au Burkina Faso a renouvelé l’engagement de l’UE aux côtés des REMA pour sa deuxième participation consécutive. Rappelant que la culture constitue le ciment du vivre-ensemble.

Une mobilisation générale pour l’avenir de la musique africaine

En déclarant la 9e édition des REMA officiellement ouverte, Michel Saba a invité l’ensemble des artistes, entrepreneurs culturels et partenaires à privilégier des propositions réalistes et des engagements durables.

Les REMA réaffirment ainsi leur vocation première : faire de la créativité africaine un moteur de développement autonome, prospère et fédérateur.

Pierre Ouedraogo


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