Éducation des garçons en Afrique : Aïcha Sango dédicace son premier essai à Ouagadougou

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L’autrice burkinabè Aïcha Sango a dédicacé, le 16 juillet 2026 à Ouagadougou, son premier ouvrage intitulé « Réinventer l’éducation des garçons en Afrique ». Un essai de 172 pages qui interroge les modèles éducatifs traditionnels et plaide pour une approche plus équilibrée, entre valeurs africaines et apports occidentaux.

Un regard croisé entre l’Afrique et l’Occident

Le monde de la littérature burkinabè s’est enrichi d’un nouvel ouvrage signé Aïcha Sango. La cérémonie de dédicace de « Réinventer l’éducation des garçons en Afrique » s’est tenue ce 16 juillet 2026 à Ouagadougou, en présence de représentants du ministère de la Culture et de celui de l’Éducation nationale.

Parrain de la cérémonie, Abdoul Karim Sango, ancien ministre de la Culture, auteur et frère aîné de l’autrice, a salué « un ouvrage de très belle facture, qui présente un intérêt scientifique ». Il estime que le livre contribuera à faire évoluer les mentalités, un travail nourri par le séjour de l’autrice aux États-Unis, à l’origine d’une étude comparative entre l’éducation des garçons en Afrique et en Occident. Il a par ailleurs encouragé Aïcha Sango à poursuivre l’aventure littéraire avec un second ouvrage.

Passionnée par la culture et la tradition africaines, Aïcha Sango, également coach matrimonial, explique que le déclic de l’écriture lui est venu des témoignages de nombreuses femmes rencontrées dans son parcours, confrontées à des difficultés conjugales et se sentant délaissées par leurs conjoints. « Éduquons bien nos enfants, car c’est eux la relève de demain », a-t-elle déclaré.

Un plaidoyer pour une éducation équilibrée

Structuré en 172 pages et trois grandes parties, l’ouvrage propose des solutions pour réinventer l’éducation des garçons en Afrique, en combinant le meilleur des systèmes éducatifs africains et occidentaux. La première partie, intitulée « Constats, vécus et analyses », revient sur les causes de l’absence éducative et sur une expérience marquante vécue par l’autrice aux États-Unis. « Il ne faut pas renier notre culture, mais prendre ce qui est positif de là-bas et l’améliorer ici en Afrique », insiste-t-elle.

La seconde partie, cœur de la réflexion, explore les contours d’une éducation plus équitable, en abordant la sensibilité émotionnelle des garçons ainsi que le partage des responsabilités familiales et domestiques. « Apprenez à vos enfants dès le bas âge à aider à la maison », recommande l’autrice, qui établit un lien entre les difficultés sociétales actuelles, notamment la violence et la crise des modèles masculins, et l’éducation traditionnelle reçue par les garçons.

Aïcha Sango dénonce également certaines injonctions traditionnelles jugées limitantes, telles que « un homme ne pleure pas » ou l’idée qu’un homme ne doit pas s’occuper des tâches domestiques, des stéréotypes qui, selon elle, coupent les hommes de leurs émotions. Elle plaide pour une éducation consciente, qui préserve les valeurs culturelles positives tout en préparant les enfants, garçons comme filles, aux réalités de la vie familiale. « Il faut aussi préparer les hommes, des hommes responsables, des hommes qui, même dans la société, savent respecter », a-t-elle affirmé.

Une contribution à la refondation de l’éducation nationale

Au-delà de sa portée personnelle et sociétale, l’ouvrage s’inscrit dans la dynamique nationale de refondation de l’éducation, qui met l’accent sur les valeurs endogènes burkinabè. C’est ce qui explique la présence, lors de la dédicace, de représentants des ministères en charge de la Culture et de l’Éducation nationale.

« Réinventer l’éducation des garçons en Afrique » est disponible dans les librairies de la place au prix de 10 000 FCFA.

Pierre Ouédraogo / Digital Magazine Burkina


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