Coopération Inde-Burkina Faso : santé, innovation et industrialisation au service du développement

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Coopération Sud-Sud : L’Ambassadeur de l’Inde dévoile les progrès historiques de la NFHS-6 tandis que MESTO Africa trace la voie de l’industrialisation burkinabè.

Lors d’un point de presse tenu ce 02 juillet à Ouagadougou, l’Ambassadeur de l’Inde, S.E.M. Om Prakash Meena, a présenté les résultats impressionnants de la 6ème Enquête Nationale sur la Santé de la Famille (NFHS-6). Ce partage d’expérience s’inscrit dans une volonté de synergie avec les acteurs locaux, représentés par Atanase Boudo, Directeur Pays de Mesto, pour transformer le potentiel du Burkina Faso en un pôle industriel régional.

Le “bond en avant” de l’Inde : Un modèle de développement à l’échelle continentale

L’Inde vient de franchir une étape majeure dans son parcours de développement. S.E.M. Om Prakash Meena a dévoilé les conclusions de la NFHS-6, une enquête d’une ampleur mondiale couvrant près de 679 000 ménages. Les chiffres témoignent d’une transformation profonde du niveau de vie des citoyens indiens.

L’Ambassadeur a souligné que 98,3 % des ménages ont désormais accès à l’électricité et 96,5 % à l’eau potable. Mais c’est surtout sur le plan de l’inclusion financière et de l’autonomisation des femmes que les progrès sont les plus frappants. « Aujourd’hui, 89 % des femmes participent activement aux décisions du ménage et un pourcentage égal possède et gère ses propres comptes bancaires », a précisé le diplomate.Sur le plan sanitaire, l’Inde se positionne comme un leader de la santé numérique. Grâce à la plateforme de télémédecine eSanjeevani, plus de 467 millions de consultations ont été réalisées, permettant aux populations rurales d’accéder à des soins spécialisés sans parcourir de longues distances. Pour l’Ambassadeur Meena, ces réussites ne sont pas une fin en soi, mais une expérience à partager : « L’Inde reste déterminée à renforcer sa coopération avec le Burkina Faso par le partage des meilleures pratiques en matière de soins de santé primaires, de santé maternelle, de nutrition et de santé numérique ».

L’ambition de l’Espace AES : Transformer les ressources en valeur locale

Face à cette expertise indienne, le secteur privé burkinabè, porté par Atanase Boudo, y voit une opportunité historique. Atanase BOUDO, Directeur pays de MESTO 247 BURKINA et par ailleurs Directeur Régional AES MESTO AFRICA, l’Afrique doit sortir de son rôle de simple réservoir de matières premières. « Aujourd’hui, l’Afrique affirme une ambition nouvelle : devenir un continent de transformation, d’innovation et d’industrialisation », a-t-il déclaré.

Cette vision est au cœur de la stratégie de Mesto au Burkina Faso, une société qu’il décrit comme « 100 % burkinabè » et pleinement intégrée dans le tissu économique national. L’objectif est clair : faire du Burkina Faso une plateforme régionale d’excellence et porté dans l’espace de l’Alliance des États du Sahel (AES) où MESTO entend s’installer.Atanase Boudo a détaillé un projet ambitieux comprenant un centre de maintenance, une plateforme logistique et une unité d’assemblage d’équipements : « L’Afrique ne doit pas seulement acheter des équipements. Elle doit apprendre à les assembler, à les maintenir, à les adapter et demain à les concevoir ». Pour lui, la véritable richesse ne réside pas uniquement dans le sous-sol, mais dans le « génie créateur » et les compétences des hommes et des femmes de la région. “Derrière chaque machine livrée, nous voulons voir un technicien burkinabé qui acquiert une compétence. Derrière chaque partenariat, des emplois créés pour notre région.” a-t-il renchéri.

Vers une “Diplomatie de Développement”

Le rapprochement entre l’expertise technologique indienne et les ambitions de transformation locale du Burkina Faso dessine les contours d’une nouvelle ère. Atanase Boudo appelle à un changement de paradigme, passant d’une diplomatie de représentation à une « diplomatie de développement ».

Selon lui, le partenariat avec l’Inde est stratégique car il repose sur le transfert de technologie et la création de prospérité partagée. En mettant en synergie la puissance industrielle indienne et la jeunesse dynamique de l’espace AES, les deux nations aspirent à construire un modèle de croissance où, comme le souligne M. Boudo, « ce sont les compétences qui construisent durablement les nations ».

Cette rencontre marque ainsi une volonté commune de ne plus voir le développement comme une destination lointaine, mais comme un voyage continu fondé sur la confiance mutuelle et l’innovation technologique.

Pierre Ouedraogo


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