Tournoi des académies : Focus Sport dresse le bilan de son tournoi des académies et vise déjà l’international

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Tournoi des académies de Focus Sport : un bilan prometteur entre innovation, rigueur et ambition internationale

Entre discipline à renforcer, innovation technologique et lutte contre la fraude sur l’âge, le bilan de la première édition du tournoi des académies de Focus Sport marque un tournant pour le football juvénile burkinabè. À l’issue de douze semaines de compétition, les organisateurs affichent leur satisfaction tout en annonçant déjà des perspectives plus ambitieuses.

Le rideau est définitivement tombé sur l’édition tant attendue du tournoi des académies de Focus Sport, à l’occasion de la conférence de presse-bilan tenue ce 21 mai 2026 au siège de Focus Group, dans les locaux de Focus TV. Une rencontre qui a permis aux organisateurs de dresser le bilan de cette première édition, entre satisfaction, autocritique et projections pour l’avenir.

Pendant douze semaines de passion, de spectacle et d’émotion, les jeunes footballeurs des catégories U15 et U17 ont offert un aperçu du potentiel du football de base au Burkina Faso. Pour le comité d’organisation, cette première expérience aura surtout permis de mesurer à la fois les acquis du tournoi et les axes d’amélioration à envisager pour les prochaines éditions.

Prenant la parole en sa qualité de président du comité d’organisation, Izouma SIDIBE a dressé un bilan nuancé, en distinguant clairement les réussites des insuffisances observées sur le terrain. « Ce tournoi est une réussite malgré les difficultés. On sait ce qu’il faut améliorer et on sait sur quoi s’appuyer pour la prochaine édition. ». Selon lui, plusieurs points positifs sont à retenir. Le tournoi a notamment contribué à offrir une meilleure visibilité aux jeunes talents, à favoriser la création d’emplois dans le secteur sportif et à susciter un engouement aussi bien populaire qu’administratif.

Mais tout n’a pas été parfait. Les organisateurs reconnaissent un manque de rigueur réglementaire, notamment dans la programmation, ainsi que des difficultés logistiques, en particulier l’accès à des terrains de qualité. Deux préoccupations majeures ont surtout retenu l’attention : les forfaits de certaines équipes et la tricherie persistante sur l’âge des joueurs.

Sur le plan financier, l’événement a franchi la barre des 20 millions de FCFA, contre une prévision initiale de 14,5 millions de FCFA. Pour le comité d’organisation, cette mobilisation prouve qu’il est possible de structurer un tournoi d’envergure grâce à des ressources privées, sans dépendre exclusivement d’un soutien fédéral. « Ce n’est pas beaucoup d’argent au regard de l’ampleur de ce que nous avons réalisé », a souligné Izouma SIDIBE.

La répartition budgétaire témoigne des priorités fixées par les organisateurs : 35 % du budget ont été consacrés aux récompenses, notamment les trophées et les bourses, tandis que 30 % ont servi à l’organisation et à l’entretien des matchs, y compris l’équipement complet des officiels. « Imaginez ce qu’on peut faire avec 100 millions ! Avec 20 millions de fonds privés, nous avons déjà pu réaliser cela. Si nous nous mettons ensemble de manière intelligente, nous pouvons transformer l’avenir de nos jeunes. »

L’une des principales innovations de cette première édition réside dans le partenariat conclu avec Eyebol. Pour la première fois, tous les matchs ont été monitorés en ligne, une avancée majeure pour le football local. Grâce à cette digitalisation, plus de 1 000 recruteurs internationaux ont pu suivre en temps réel les statistiques et les performances des jeunes talents burkinabè, ouvrant ainsi des perspectives vers l’Europe et le Maghreb.

Malgré ces avancées, les organisateurs insistent sur les défis à relever. Le manque de discipline de certains encadreurs et le non-respect de plusieurs engagements ont été déplorés. Les forfaits enregistrés durant le tournoi sont jugés inacceptables par les responsables de l’événement.

Plus préoccupante encore est la question de l’âge réel des joueurs, un phénomène qui continue de fragiliser la crédibilité des compétitions de jeunes.

« Quand tu triches sur l’âge, au bout de deux ans, ta carrière s’arrête. L’âge ne ment pas », a averti Izouma Sidibé.

Fort de l’engouement suscité par cette première édition, le comité d’organisation entend désormais voir plus grand. La forte mobilisation des familles, l’intérêt manifesté par plusieurs présidents de clubs et l’impact médiatique du tournoi encouragent Focus Sport à envisager un changement de dimension.

Si le championnat national des jeunes tarde toujours à se concrétiser, les organisateurs n’excluent pas de transformer, dès l’année prochaine, ce tournoi en compétition internationale.

« Si la Fédération n’arrive pas à lancer un championnat des jeunes, nous transformerons ce format en tournoi international en invitant des champions de la sous-région et des académies d’Europe », a lancé Izouma Sidibé.

Avec l’acquisition annoncée de nouveaux équipements techniques, notamment des caméras et des tablettes de statistiques, Focus Sport affiche sa volonté de rompre définitivement avec l’amateurisme. Pour les initiateurs, cette compétition ne doit pas être un simple événement ponctuel, mais bien les fondations d’une véritable institution sportive nationale dédiée à la promotion du football de base.

Loin de se satisfaire de ce premier succès, les organisateurs posent déjà les jalons d’un rendez-vous appelé à compter dans l’écosystème sportif burkinabè. Entre discipline renforcée, innovation technologique et ambition internationale, le tournoi des académies de Focus Sport veut désormais s’imposer comme l’un des principaux laboratoires du football burkinabè de demain.

Pierre Ouédraogo


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