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Réunis face aux médias lors d’une conférence de presse à Ouagadougou, les organisateurs du Salon International du Bâtiment, de l’Architecture et des Travaux Publics ont officiellement dévoilé les grandes orientations de la deuxième édition de l’événement, dénommé SBA / SIBA 2026. Portée par le groupe FO Group et l’agence Faso BIM, cette plateforme majeure se tiendra du 5 au 7 novembre 2026 à la salle de conférence de Ouaga 2000 sous le thème : « Transformation numérique et innovation dans le BTP et le ferroviaire : Quel levier pour le Burkina Faso ? »
L’événement réunira ingénieurs, architectes, techniciens, universitaires, étudiants et décideurs politiques autour d’un objectif commun : réinventer les méthodes de conception et de construction au Burkina Faso.
Le BIM et l’IA : Optimiser la qualité, les coûts et les délais
Au cœur des échanges figure le BIM (Building Information Modeling ou modélisation des informations du bâtiment), une méthode de travail collaborative basée sur une maquette numérique 3D partagée. Comme l’explique Fabrice Yangané, Président du Comité d’Organisation (PCO) et ingénieur en génie civil :
« La philosophie est de prendre du temps à étudier ce qu’on va faire pour éviter d’oublier certaines choses en cours de construction. Le BIM permet de maîtriser les coûts globaux, la qualité des ouvrages et les délais de livraison, en évitant les erreurs sur le chantier qu’il faut ensuite casser et reprendre. »
L’intégration de l’intelligence artificielle (IA) constitue une autre innovation majeure de cette édition. Utilisée judicieusement, l’IA révolutionne le traitement des données techniques.
« Pour calculer le devis d’un bâtiment R+1 (surfaces de murs, nombre de briques, sacs de ciment), une équipe mettait habituellement 3 à 5 jours à la calculatrice. Aujourd’hui, avec l’intelligence artificielle et une maquette 3D bien paramétrée, nous obtenons ces résultats exacts en quelques heures. L’IA ne vient pas remplacer l’humain, mais nous rendre plus performants sur trois dimensions : la qualité des livrables, l’optimisation des moyens et la réduction des délais. »
Parmi les solutions présentées au grand public figurera également le « carnet de santé numérique du bâtiment en 3D », un outil accessible sur smartphone permettant à chaque propriétaire d’anticiper la maintenance et l’entretien de son bien immobilier.
Développer le secteur ferroviaire et valoriser l’expertise nationale
Le second axe stratégique du salon est dédié aux infrastructures ferroviaires, un secteur capital pour le transport de marchandises, la mobilité urbaine et le développement régional. Le salon permettra de faire l’état des lieux du rail au Burkina Faso, d’aborder la digitalisation du réseau et de créer des synergies entre experts locaux et spécialistes de la diaspora.
Pour Karim Zerbo, intervenant et représentant de la diaspora :
« Nous devons nous saisir de la possibilité offerte par le numérique, le BIM et les nouvelles méthodes de construction pour avancer plus rapidement tout en apportant des réponses adaptées à nos réalités. C’est l’une des forces de cette initiative : combiner l’expertise de notre diaspora avec les compétences du terrain des professionnels qui œuvrent au Burkina Faso. »
De son côté, M. Fabrice Yangané, lui-même issu de la diaspora et réinstallé définitivement au pays, réaffirme la nécessité de bâtir une souveraineté technique nationale :
« Le Burkina Faso est sur une dynamique avec de grands chantiers. Avec ces grands projets, nous ne pouvons plus travailler à l’ancienne, sinon nous ferons toujours appel à des entreprises étrangères. Notre ambition est de démontrer la compétence nationale et d’accompagner la dynamique de construction du pays. »
Formation de la jeunesse et programme des 3 jours
Placé sous le patronage de M. Michel Sidibé, ministre de la Construction de la Patrie, et le coparrainage des ministères en charge de l’Enseignement supérieur, de la Communication, ainsi que de la Chambre de Commerce et d’Industrie, le SIBA 2026 attend plus de 3 000 visiteurs et 20 exposants.
Pendant trois jours, le programme proposera des conférences, des panels d’experts, des démonstrations technologiques, des rencontres B2B, ainsi que des masterclass pratiques. L’accès général au salon est gratuit sur inscription en ligne. Pour les ateliers de formation pratique du troisième jour, un tarif préférentiel est appliqué : 15 000 FCFA pour les étudiants et 25 000 FCFA pour les professionnels.
« Construire autrement, c’est préparer aujourd’hui les compétences, les méthodes et les infrastructures dont notre pays a besoin pour demain », conclut M. Yangané
Pierre Ouedraogo
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