|
Getting your Trinity Audio player ready...
|
Face aux défis de l’emploi des jeunes et à la nécessité d’une véritable souveraineté économique, la société ECIMOD BF a officiellement lancé le projet « Burkina Naatilgué ». Porté par l’expert en cuir Norbert Bangré, ce programme ambitieux vise à transformer 1 000 jeunes du secteur informel en chefs d’entreprise formalisés, sous le slogan : « 1 000 jeunes – 1 000 emplois – 1 000 RCCM ».
Un tournant industriel : Transformer le cuir brut au Burkina Faso
Lors d’une conférence de presse tenue le 8 octobre 2026 à Ouagadougou, l’entreprise ECIMOD BF a dévoilé les grandes lignes du projet « Burkina Naatilgué ». Alors que le pays produit une importante quantité de cuirs et peaux souvent exportés bruts, l’initiative entend rompre avec ce schéma pour imposer la transformation locale comme levier stratégique de développement.Ce projet s’inscrit pleinement dans la dynamique nationale du « Mois du consommer local » et répond à l’impératif de produire ce que nous consommons et de consommer ce que nous produisons. Pour le promoteur du projet, la structuration du savoir-faire artisanal constitue le pilier d’une économie nationale souveraine.
Norbert Bangré, un parcours d’excellence au service de la jeunesse
Surnommé « l’Américain », le PDG de ECIMOD BF, Norbert Bangré, incarne lui-même la réussite par le travail et l’apprentissage. Originaire de la localité de Kando, il a quitté très jeune son village pour Ouagadougou, vendant des gâteaux pour financer ses études secondaires avant de découvrir la passion du travail du cuir à travers le cirage et la cordonnerie.
Aujourd’hui expert certifié en Belgique (Bruxelles, 2017) et au Maroc (2023), et lauréat en 2019 du Prix de la bonne gouvernance du meilleur promoteur du secteur informel en Afrique de l’Ouest francophone à Abidjan, M. Bangré met son expertise au service de la nation. Refusant le fatalisme, il prône une philosophie axée sur la discipline, l’audace et le dépassement de soi.
« À la question : l’Afrique dort, qui réveillera l’Afrique ? Notre réponse est simple : c’est nous-mêmes, nos jeunes, nos entrepreneurs, nos artisans, nos compétences, nos entreprises et notre capacité à transformer nos idées en activité économique concrète. » a martelé Norbert Bangré.
Cinq corps de métier stratégiques et des innovations majeures
Pour sa première promotion 2026, le programme démarre avec une cohorte pilote de 100 jeunes. L’objectif global est de structurer 1 000 entreprises formalisées (obtention du Registre du Commerce et du Crédit Mobilier – RCCM) et d’engendrer jusqu’à 10 000 emplois directs et indirects.
Le programme couvre cinq corps de métier clés de la filière cuir :
- La tannerie : préparation et traitement professionnel des peaux.
- La maroquinerie professionnelle en fabrique : confection de sacs, ceinturons, étuis d’armes et d’ouvrages sur mesure.
- La tapisserie professionnelle : garnissage et rénovation haut de gamme pour salons VIP, véhicules de luxe et aviation.
- La cordonnerie-réparation (Agent Professionnel de Cuir – APC) : entretien et réparation de chaussures selon des standards professionnels.
- Le cirage professionnel : traitement et entretien spécialisé de surfaces et mobiliers en cuir pour institutions et particuliers.
Une innovation majeure concerne l’inclusion du genre : la formation intégrera 20 jeunes filles, notamment des Personnes Déplacées Internes (PDI) et proches de FDS, ouvrant aux femmes des opportunités inédites dans les métiers de la cordonnerie et de la tapisserie.
Une pédagogie intensive : 90% de pratique et 10% d’éthique patriote
Élaboré en collaboration avec le Ministère de la Formation Professionnelle et le centre national Burkina Suudu Bawdè (BSB), le modèle pédagogique privilégie l’immersion directe dans les ateliers d’ECIMOD à Saba. La formation s’étale sur 2 semaines intensives (du lundi au samedi) avec un dosage clair : 90 % de pratique en atelier et 10 % de théorie axée sur la déontologie, l’éthique et le patriotisme.
Le schéma financier de la formation s’articule comme suit :
- Coût réel de la formation : 325 000 FCFA par apprenant.
- Subvention Burkina Suudu Bawdè : 20%.
- Subvention ECIMOD BF : 20%.
- Contribution de l’apprenant : 20 %, soit 65 000 FCFA.
- Mobilisation partenariale : 60% recherchés auprès de partenaires et bonnes volontés.
À l’issue du cursus, les apprenants bénéficieront d’une certification de qualification officielle leur permettant d’exercer avec crédibilité ou d’intégrer la future Coopérative Burkina Naatilgué.
L’appel du promoteur : « Ne méprisez pas les petits commencements »
En concluant la présentation du projet, Norbert Bangré a adressé un message fort à la jeunesse burkinabè pour l’inciter à l’action et à la rigueur. « Ne méprisez pas les petits commencements. Moi-même j’ai commencé petit, j’ai connu des difficultés. J’ai appris avec mes mains et j’ai progressé. Pour changer son parcours, il faut accepter d’apprendre, travailler, se discipliner, se former et surtout sortir progressivement de l’informel. » a laissé entendre Norbert Bangré.

Les dépôts de candidature pour la première cohorte débutent le mercredi 14 octobre 2026 au showroom d’ECIMOD BF (près de la Caisse Populaire à Ouagadougou). Les dossiers doivent comporter une demande manuscrite adressée au DG d’ECIMOD BF, une copie de la CNIB, une photo d’atelier ainsi qu’un parrainage (enseignant, FDS ou agent de santé).
Pierre Ouedraogo
En savoir plus sur Digital Magazine Burkina
Subscribe to get the latest posts sent to your email.

