Santé publique / Université Joseph Ki-Zerbo : Bénéwendé Landry Hugues Ouedraogo soutient une thèse inédite sur la dysfonction érectile des étudiants

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Peut-on parler de troubles sexuels dans les amphithéâtres ? C’est le pari courageux de Landry Hugues Benewende Ouedraogo. Ce lundi 6 juillet 2026, l’étudiant a brillamment soutenu sa thèse de doctorat à l’UFR/SDS de l’Université Joseph Ki-Zerbo. Ses travaux, consacrés à la dysfonction érectile en milieu universitaire, lèvent le voile sur une réalité invisible et bousculent les codes de la recherche en santé publique.

Un constat alarmant : un étudiant sur trois concerné

En seulement 17 minutes de présentation, l’impétrant a exposé les résultats d’une étude transversale descriptive et analytique menée auprès de la population masculine de l’université. Le titre de son travail, « Évaluation de la dysfonction érectile chez les étudiants à l’université Joseph Ki-Zerbo : prévalence, facteurs associés et impact sur les études », a immédiatement captivé l’auditoire.Les chiffres présentés par le désormais Dr Ouedraogo interpellent : la prévalence de la dysfonction érectile s’élève à 29,73 % au sein de l’échantillon étudié. « Pratiquement un tiers, ce qui fait beaucoup pour une dysfonction érectile chez les jeunes », a-t-il souligné lors de son entretien post-soutenance.

Sortir de l’ombre d’un sujet tabou

Le choix de cette thématique n’est pas fortuit. Pour le Pr Aristide Kaboré, directeur de thèse et urologue, il était impératif de sortir du cadre hospitalier pour comprendre l’ampleur réelle du problème dans la population générale. Il s’étonne d’ailleurs de la persistance de ce tabou : « J’ai jamais compris pourquoi l’activité la plus menée dans le monde est considérée comme un tabou, ça n’a pas de sens ».

L’étude révèle que de nombreux facteurs influencent cette pathologie chez les jeunes, notamment l’âge, la consommation d’alcool et le stress académique. Plus inquiétant encore, 78,46 % des étudiants souffrant de ce trouble rapportent une altération de leurs performances académiques.

Quels sont les principaux facteurs de stress évoqués par l’impétrant ?

Dans sa thèse, l’impétrant Landry Hugues Ouedraogo identifie plusieurs facteurs de stress et causes psychologiques majeurs contribuant à la dysfonction érectile chez les étudiants de l’université Joseph Ki-Zerbo.

Les principaux facteurs évoqués sont les suivants :

  • Le stress et l’anxiété de performance : L’impétrant classe le stress et l’anxiété de performance parmi les causes psychologiques fondamentales de cette pathologie. Il souligne que l’anxiété de performance est particulièrement susceptible d’affecter les résultats académiques et de provoquer une baisse de l’estime de soi chez les jeunes
  • Le stress académique : Dans ses suggestions finales, il mentionne spécifiquement le besoin de gérer le stress lié au milieu universitaire
  • Le président du jury, le Pr Charlemagne Ouedraogo, a d’ailleurs suggéré d’approfondir cet aspect en incluant le stress des examens et la peur de l’échec comme facteurs potentiels.
  • Les difficultés et conflits relationnels : Landry Hugues Ouedraogo note que les conflits relationnels et les difficultés au sein du couple sont des étiologies psychologiques fortement retrouvées en milieu étudiant
  • Les états dépressifs : La dépression est citée comme l’un des facteurs psychologiques influençant la prévalence de la dysfonction érectile chez les jeunes adultes.

Selon les résultats de son enquête, 11,52 % des étudiants interrogés ont spontanément cité le stress comme l’une des causes possibles de leurs troubles érectiles.

Toujours selon son étude, il cite que les mauvaises habitudes alimentaires sont perçues par une part importante des étudiants comme une cause majeure de la dysfonction érectile. Les précisions apportées par ses recherches font etat de : 

  • Perception des étudiants : Lors de l’enquête, 27,74 % des étudiants (soit 195 personnes) ont identifié les mauvaises habitudes alimentaires comme l’une des causes possibles de la dysfonction érectile.
  • Hygiène de vie globale : Plus largement, la mauvaise hygiène de vie est citée par 40,54 % des participants comme le premier facteur responsable de cette pathologie, devant les maladies et le stress.

Consommation de substances : L’étude rapporte également des données sur la consommation de produits pouvant influer sur la santé globale : 37,41 % des étudiants consomment de l’alcool et 48,64 % consomment du café.

Les observations du jury : entre rigueur scientifique et conseils de vie

Le jury, présidé par le Pr Charlemagne Ouedraogo, gynécologue, a salué le courage de l’étudiant tout en apportant des critiques constructives sur la forme et le fond du document. Le président a notamment insisté sur la nécessité de corriger certaines coquilles et d’utiliser une terminologie francophone, préférant « diagramme de flux » au terme anglais « flow chart ».Sur un ton plus informel, le Pr Charlemagne Ouedraogo a invité l’impétrant à ne pas négliger sa propre vie de famille : « Tu as 28 ans… tu es déjà en retard. Moi quand j’ai 27 ans étudiant j’avais un garçon ». Plus sérieusement, il a souligné l’importance de ce travail pour l’avenir de la médecine de la reproduction : « Quand je vois un travail qui est consacré aux érections, je suis pressé de regarder… pour voir si mon métier là va continuer ou pas ».

Recommandations et verdict

Face à ces résultats, le Dr Landry Hugues Ouedraogo préconise plusieurs mesures, notamment :

  • Le renforcement du personnel spécialisé (urologues et gynécologues) au centre de santé universitaire.
  • L’organisation de campagnes de sensibilisation sur la santé sexuelle.
  • L’adoption d’un mode de vie sain par les étudiants (réduction de l’alcool et du tabac).

À l’issue des délibérations, le jury a déclaré Landry Hugues Benewende Ouedraogo admis au grade de Docteur en Médecine avec la mention Très Honorable et les félicitations du jury. L’impétrant a promis d’intégrer toutes les corrections : « Je vais apporter beaucoup d’améliorations au travail pour qu’il soit à la hauteur de vos attentes ».À l’issue de sa présentation, le nouveau docteur a exprimé des sentiments de joie et de grâce, remerciant sa famille et ses amis pour leur soutien. Il a rappelé que son étude portait sur la dysfonction érectile chez les étudiants de 18 à 30 ans de l’université Joseph Ki-Zerbo. Son travail est né de l’observation d’une surestimation des performances sexuelles chez les jeunes, alimentée par la publicité de produits miracles sur les réseaux sociaux et dans la rue. « Ce qui nous a amenés à étudier ce thème, c’est la constatation de l’hyper surestimation de la population jeune. C’est un thème qui n’est pas largement abordé vu son caractère tabou et c’est ce qui nous a amenés à l’étudier pour pouvoir vulgariser plus la santé sexuelle auprès des étudiants. » a déclaré. le désormais docteur Landry Hugues Benewende Ouedraogo.

Il préconise par ailleurs le renforcement de la formation des spécialistes et demande l’affectation d’un gynécologue et d’un urologue au centre de santé de l’université, ainsi que des campagnes de sensibilisation sur la santé sexuelle.

La cérémonie s’est conclue par le traditionnel serment d’Hippocrate, marquant l’entrée officielle du nouveau docteur dans la grande famille médicale.

Pierre Ouedraogo


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