Burkina Faso – Solidarité : Lancement de « Dɛnɛ Sira », le guichet digital des dons en temps réel

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Face à la crise socio-humanitaire qui secoue la région, le gouvernement burkinabè opère un virage technologique stratégique. Ce mardi, le ministère de la Solidarité nationale et de la Famille a officiellement lancé la plateforme numérique Dɛnɛ Sira, (www.solidarite.gov.bf). Une innovation d’envergure qui ambitionne de moderniser, centraliser et surtout de rendre transparente la gestion de l’aide sociale au Burkina Faso.

La cérémonie officielle s’est tenue à Ouagadougou ce 2 juin, co-présidée par la ministre de tutelle, le Lieutenant-Colonel Passowendé Pélagie KABORE/KABRE, et son homologue en charge de la Transition digitale, Dr Aminata ZERBO/SABANE.

L’impératif de la transparence : rendre des comptes aux donateurs

Cette initiative technologique trouve ses racines dans le succès de la grande campagne de mobilisation citoyenne « Dɛnɛ Sira » qui signifie « la voie de la solidarité », lancée en novembre 2025 à l’occasion du Mois de la solidarité. Si l’élan de générosité des Burkinabè et des partenaires avait alors permis de récolter d’importants fonds et dons en nature au profit des populations vulnérables, la question de leur traçabilité restait entière.

Pour le Lieutenant-Colonel Passowendé Pélagie Kaboré, la numérisation est la réponse directe à cette exigence de bonne gouvernance : « Lorsque je mets de l’argent quelque part, je veux bien qu’on me dise ce qu’on en a fait », a martelé la ministre, soulignant que la plateforme permettra désormais de rendre des comptes précis à chaque contributeur.

Crédit photo : Direction Communication Ministère de la Transition Digitale

Fin du cloisonnement : vers une synergie des acteurs humanitaires

Au-delà de la simple traçabilité financière, l’application s’impose comme un puissant outil de coordination sectorielle. Jusqu’ici, l’écosystème de l’aide au Burkina Faso souffrait d’un manque de lisibilité, caractérisé par des actions parfois redondantes ou dispersées.

La ministre a ainsi pointé du doigt les limites du modèle actuel :

« Nous avons beaucoup d’acteurs dans le social qui soutiennent l’action de l’État : des associations, des ONG, des individus et même des influenceurs très actifs. Cependant, chacun opère de son côté, ce qui nuit à l’efficacité globale. Avec cette plateforme, notre objectif est de rassembler, de créer une véritable synergie et de coordonner les interventions sur le terrain. »

Il ne s’agit pas de substituer l’État aux initiatives existantes, rassure-t-on du côté du ministère, mais bien de fédérer les énergies pour apporter une clarté inédite dans l’offre des services sociaux.

Une diplomatie de proximité et une gestion de crise accélérée

Dans un contexte sécuritaire et humanitaire volatil, la réactivité est devenue une priorité absolue. En dématérialisant les procédures, les autorités entendent accélérer la prise en charge des personnes déplacées internes et des populations ultra-vulnérables.

La plateforme redéfinit également la relation entre l’administration et le citoyen. Désormais, le parcours usager est entièrement simplifié :

  • Signaler une urgence : Plus besoin de se déplacer physiquement dans un centre social pour notifier une situation critique.
  • Demander de l’aide : Les personnes en situation de précarité peuvent soumettre leur dossier directement en ligne.
  • Contribuer à l’effort national : Les donateurs locaux et la diaspora peuvent effectuer leurs transferts en quelques clics en toute sécurité.

En appelant les Burkinabè à « faire parler leur cœur », le gouvernement ne lance pas seulement un outil technique, mais initie un véritable pacte de solidarité nationale. En connectant l’élan patriotique à la rigueur du numérique, le Burkina Faso pose les jalons d’un nouveau modèle de résilience sociale.

Pierre Ouedraogo


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