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Avec l’ouverture de la 4e édition du festival culturel de Tiébélé, l’édition entend franchir un cap, entre valorisation du patrimoine kasséna-nankana, promotion touristique et appel au patriotisme.
La commune de Tiébélé, dans la province du Nahouri, s’apprête à vibrer au rythme de la 4e édition du festival Tiébélé Guigana, prévue du 29 au 31 mai 2026. Face à la presse, ce mardi 26 mai, le comité d’organisation a dévoilé les grandes lignes de cet événement culturel qui ambitionne de faire rayonner les richesses patrimoniales, linguistiques et artistiques de la localité, tout en inscrivant la culture au cœur du débat sur la souveraineté nationale.

Tiébélé Guigana 2026, un festival au service de l’identité kasséna-nankana
Le festival se veut bien plus qu’un simple rendez-vous festif. Il ambitionne de contribuer au développement culturel et touristique de la commune, de mettre en lumière la langue kasséna ainsi que les expressions traditionnelles qui fondent l’identité locale : danses, contes, chants, chœurs populaires, art culinaire, sports traditionnels et peintures murales. Dans sa déclaration liminaire, le promoteur du festival, Abraham Abassagué, par ailleurs directeur général du CENASA, situe clairement l’enjeu : « Notre pays est en quête de sa souveraineté, une souveraineté réelle et totale, une souveraineté non négociable. »
Culture, souveraineté et patriotisme au cœur de la 4e édition
Pour les organisateurs, cette édition 2026 doit être celle de la maturité. Placée sous le thème « Notre culture comme socle de notre souveraineté nationale », elle entend répondre à une double exigence : promouvoir les valeurs endogènes et sensibiliser les populations, en particulier la jeunesse, au patriotisme et à l’engagement citoyen. Abraham Abassagué défend ainsi l’idée d’un véritable sursaut culturel, estimant que le pays a besoin d’un « réarmement culturel pour faire face aux insidieuses attaques du néocolonialisme ».
Tiébélé veut renforcer son attractivité culturelle et touristique
À travers ce festival, les organisateurs veulent également attirer les projecteurs sur Tiébélé, territoire reconnu pour sa richesse historique et symbolique. La Cour royale de Tiébélé, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, constitue l’un des principaux emblèmes de cette mémoire vivante. Mais pour Abraham Abassagué, cette reconnaissance internationale ne saurait suffire à elle seule. « Une chose est d’inscrire ce trésor culturel au patrimoine mondial, une autre est de l’entretenir, de le sauvegarder et surtout d’en faire la promotion », plaide-t-il, convaincu que des initiatives d’envergure comme Tiébélé Guigana peuvent accroître la visibilité du site et, au-delà, de toute la culture kasséna-nankana.
Au-delà de l’animation, le festival se veut aussi un espace de transmission. Le président du comité d’organisation insiste sur le rôle des valeurs sociales et culturelles dans la construction d’un Burkina Faso plus uni. Selon lui, la population et la jeunesse de Tiébélé peuvent apporter une contribution décisive à l’élan de développement du pays. Cette vision rejoint la conviction exprimée dans la déclaration liminaire, selon laquelle le festival peut soutenir la cohésion sociale, le vivre-ensemble et la coexistence pacifique en réunissant les populations autour de ce qu’elles ont de plus précieux : leur culture et leurs arts.
L’événement entend également joindre l’utile à l’agréable. Les organisateurs annoncent notamment une exposition-vente de livres burkinabè ainsi qu’un espace dédié à la diffusion d’ouvrages engagés, dans une logique de sensibilisation et de plaidoyer. Prévu du 29 au 31 mai 2026, aux pieds des collines ancestrales et dans les bois de Toumonnon, le festival Tiébélé Guigana s’annonce ainsi comme l’un des temps forts de la saison culturelle au Burkina Faso.
Pierre Ouédraogo
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