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Lors de la Conférence des envoyés spéciaux pour le Sahel et l’Alliance des États du Sahel (AES) sur la coopération régionale en matière de lutte antiterroriste, tenue à Accra, le ministre burkinabè de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, a réaffirmé la position de l’AES en faveur d’une nouvelle approche fondée sur la souveraineté, la confiance et la résilience.
Le Burkina Faso, représenté par le ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, a porté la voix de l’Alliance des États du Sahel (AES) à la Conférence des envoyés spéciaux pour le Sahel et l’AES sur la coopération régionale en matière de lutte antiterroriste, ce lundi à Accra. Dans un contexte marqué par la persistance de la menace terroriste et le bilan mitigé de plusieurs mécanismes de sécurité régionale, dont l’Initiative d’Accra lancée en 2017 pour renforcer la coopération entre les États côtiers et sahéliens, le ministre a appelé à un changement de paradigme. « Je vois que le sujet est vraiment, à mon avis, au cœur de tous les débats. La position de l’AES est très claire. Nous avons un certain nombre de préoccupations que nous souhaitons effectivement voir prises en compte », a d’emblée posé Pingdwendé Gilbert Ouédraogo devant ses pairs et les partenaires techniques et financiers.
Il a salué le fait que « l’envoyé spécial pour l’AES a, depuis ce matin, insisté sur les questions de souveraineté »,rappelant au passage que « notre frère de la Côte d’Ivoire a insisté sur la question de la confiance », tandis que lui-même a choisi de mettre « la résilience et la souveraineté » au cœur de son message.

Pour le ministre, ces trois valeurs – souveraineté, confiance et résilience – doivent constituer le socle de toute nouvelle architecture de coopération sécuritaire dans la région. « Je pense que si nous restons fidèles à ces trois concepts, à ces trois valeurs, j’ai foi que nous allons parvenir finalement à un même niveau de compréhension et d’engagement », a‑t‑il déclaré, invitant les parties prenantes à dépasser les incompréhensions du passé.
L’AES enrichira le projet du cadre de coopération sécuritaire
Sur le plan méthodologique, le ministre Ouédraogo s’est dit satisfait du temps accordé aux États pour analyser en profondeur le projet de cadre de coopération présenté à Accra. « Notre satisfaction, c’est de voir qu’il nous a été donné du temps pour prendre davantage connaissance du contenu des projets, pour pouvoir les analyser et aussi intégrer les amendements de nos chefs d’État », a-t-il souligné, rappelant que « ce sont eux qui ont mandaté l’envoyé spécial et ce sont eux qui seront les signataires, en dernière instance ».

La contribution de l’AES s’articulera ainsi autour de propositions concrètes afin « d’enrichir le document » et de « questionner un certain nombre de thématiques », notamment celles liées au respect de la souveraineté des États membres, à la prise en compte de leurs priorités stratégiques et à l’appropriation nationale des dispositifs de sécurité. « Si la version finale agrée nos chefs d’État, nous allons y adhérer », a assuré le ministre, tout en saluant « la pertinence » du projet soumis aux discussions.
“Ne pas refaire les mêmes erreurs” – L’AES prône une nouvelle approche sécuritaire post-Initiative d’Accra
Pingdwendé Gilbert Ouédraogo a également insisté sur la nécessité de tirer les leçons des expériences passées, marquées par la multiplication d’initiatives sécuritaires aux résultats en deçà des attentes. « Si nous sommes là, c’est parce qu’il y a eu plusieurs initiatives qui n’ont pas nécessairement prospéré ou qui ont montré leurs limites. Mais il ne faut pas se fatiguer de reprendre l’effort », a-t-il rappelé, mettant cependant en garde contre la tentation de « faire la même chose tout en attendant des résultats différents ».
Pour lui, la clé réside dans l’adaptation des stratégies « aux réalités » du terrain et la prise en compte de « tous les points de vue », condition indispensable pour « avoir une approche payante pour tous ». Revenant sur le bilan de l’Initiative d’Accra, il a adopté un ton à la fois lucide et constructif : « De façon très froide, de façon très objective, nous disons que l’Initiative d’Accra n’a pas, en tout cas, donné les résultats escomptés, et qu’il faut faire le choix d’une nouvelle approche, autour de notre objectif commun qui est la sécurité de nos États et de nos peuples. »
Pour finir, le porte-parole du gouvernement burkinabè a réaffirmé la disponibilité de l’AES à travailler avec l’ensemble des partenaires pour coconstruire ce nouveau cadre de coopération antiterroriste. « La position de l’AES, c’est de pouvoir travailler à enrichir le projet tout en saluant sa pertinence. Nous aurons un draft sur lequel nous allons tous travailler, nous allons y adhérer, et nous espérons collaborer avec toutes les parties prenantes, pourvu que les trois valeurs – la souveraineté, la confiance et la résilience – puissent être au centre de nos travaux », a conclu Pingdwendé Gilbert Ouédraogo.
Pour rappel, l’Initiative d’Accra (IA), lancée en 2017, est un mécanisme de coopération sécuritaire crucial unissant le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Togo, le Mali et le Niger pour contrer l’extrémisme violent dans le Golfe de Guinée. Elle vise à endiguer la propagation djihadiste via le renseignement, des opérations militaires conjointes et la prévention.
Pierre Ouédraogo
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