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Partie de Ouagadougou avec un rêve, revenue avec un trophée : certifiée CISA et CISM, première femme d’Afrique francophone shortlistée au « Cybersecurity Woman of the Year », sacrée « Emerging Leader in Technology » de tout l’État du Colorado en février 2026, Gaëlle Koanda prouve que l’excellence burkinabè n’a pas de frontières.
En ce 8 mars, Journée internationale de la Femme, Digital Magazine Burkina rend hommage à une figure de la diaspora burkinabè qui porte, depuis les États-Unis, le drapeau de l’excellence numérique africaine sur les scènes mondiales les plus prestigieuses. Son nom, Gaëlle Koanda, résonne désormais dans les couloirs des grandes conférences de cybersécurité mondiales, dans les salles de cérémonie du Colorado et dans les cœurs de toutes les jeunes filles burkinabè qui rêvent de construire, un jour, les boucliers numériques de demain.
De Ouagadougou au Colorado : un parcours tracé avec méthode
C’est à Ouagadougou que tout commence pour Gaëlle Koanda. La capitale burkinabè est son berceau, son premier horizon, le terreau de ses premières ambitions. Mais c’est aux États-Unis qu’elle va construire, pierre après pierre, une trajectoire d’exception.
Titulaire d’un Bachelor en Finance et d’un Master en Information Systems, elle développe une double expertise rare à la croisée de la gouvernance financière, de la gestion des risques et de l’architecture technologique qui lui permettent d’appréhender la cybersécurité non comme une discipline purement technique, mais comme un pilier stratégique de stabilité économique, de conformité réglementaire et de souveraineté numérique.
Aujourd’hui certifiée CISA (Certified Information Systems Auditor) et CISM (Certified Information Security Manager) ; deux des certifications les plus exigeantes et les plus reconnues au monde dans le domaine de la sécurité des systèmes d’information, elle évolue dans le secteur aérospatial et de défense américain, un environnement stratégique de haute intensité où la cybersécurité constitue une ligne de front pour la protection des infrastructures critiques et de la souveraineté nationale.

« Emerging Leader in Technology » : quand le Colorado couronne une Burkinabè
Le 18 février 2026, dans une salle réunissant plus de 550 leaders économiques et technologiques, en présence du Gouverneur du Colorado Jared Polis et du Maire de Denver Mike Johnston, Gaëlle Koanda est sacrée « Emerging Leader in Technology » à l’échelle de tout l’État du Colorado. Un prix décerné depuis plus de 25 ans à une seule personnalité par an, sélectionnée non par vote populaire, mais par un jury indépendant de 12 experts évaluant leadership, impact stratégique et contribution à l’innovation technologique. La sélection est rigoureuse. La distinction, rare.
L’émotion du moment, Gaëlle Koanda la raconte avec une sincérité désarmante : « J’y suis allée en tant que finaliste. Je voulais surtout créer des connexions. Je ne m’attendais pas à gagner. Quand mon nom a été annoncé, j’ai eu l’impression que le temps s’arrêtait. » Dans la salle ce soir-là, ses collègues, ses mentors, ses supérieurs et sa mère, venue spécialement, les yeux baignés de larmes. Un moment de grâce pour une femme qui construit dans l’ombre pour rayonner dans la lumière.
Première femme d’Afrique francophone aux « Cybersecurity Woman of the Year »
Avant cette consécration au Colorado, Gaëlle Koanda avait déjà gravé son nom dans l’histoire en devenant la première femme issue de l’Afrique francophone shortlistée aux Cybersecurity Woman of the Year Awards. Créés en 2019 lors de la conférence internationale Black Hat ; l’une des références mondiales de la cybersécurité ; ces prix distinguent chaque année des femmes ayant un impact concret et global dans le domaine, par leur expertise, leur leadership ou leur engagement communautaire. Être shortlistée, sur une scène habituellement dominée par des profils nord-américains et européens, représente en soi une victoire historique pour toute l’Afrique francophone.
Cette nomination, Gaëlle Koanda l’a vécue non comme une distinction personnelle, mais comme une responsabilité collective. « Cette nomination seule représente une victoire. Elle place le drapeau du Burkina Faso et les voix francophones au cœur d’une scène souvent dominée par d’autres régions du monde », déclarait-elle alors ; une posture qui dit tout de la femme qu’elle est : humble dans la réussite, généreuse dans l’impact.

WiCyS, SheLeadsTech, « Climb and Carry » : bâtisseuse de communautés
Ce qui distingue Gaëlle Koanda des simples techniciens d’excellence, c’est sa volonté farouche de ne jamais monter seule. Fondatrice de WiCyS Côte d’Ivoire et Burkina Faso (Women in CyberSecurity) et de SheLeadsTech Colorado, elle a bâti des espaces dédiés à la promotion des femmes dans la technologie et la cybersécurité, à cheval entre l’Afrique de l’Ouest et les États-Unis.
En janvier 2026, elle organise au Colorado la conférence « Climb and Carry » : plus de 250 participantes venues de neuf États américains, des panels animés par des leaders du secteur technologique, une journée entière dédiée à l’élévation collective des femmes dans le numérique. Un événement fondateur qui illustre sa philosophie de leadership : « Elle ne cherche pas la lumière pour elle-même. Elle la reflète. Elle l’étend. Elle la partage. »Gaëlle Koanda est également AI Global Ambassador et conférencière internationale régulière, notamment à la conférence RSA 2025 à San Francisco ; l’un des plus grands rendez-vous mondiaux de la cybersécurité ; où ses interventions ont contribué à faire connaître les enjeux numériques du Burkina Faso à une audience mondiale.
Un rêve tourné vers le Burkina : faire du Faso un hub africain de cybersécurité
Au-delà de ses succès personnels, Gaëlle Koanda porte une vision qui transcende sa propre trajectoire. Son rêve, elle l’exprime avec une netteté désarmante : faire du Burkina Faso un hub de référence en cybersécurité pour toute l’Afrique francophone. Un pays capable de former des experts certifiés, de structurer des standards internationaux, d’attirer des investissements technologiques et d’exporter ses talents vers le monde.
Pour y parvenir, elle construit méthodiquement : expertise, réseaux, crédibilité internationale. Elle approfondit actuellement sa maîtrise du CMMC (Cybersecurity Maturity Model Certification), le référentiel stratégique pour les entreprises travaillant avec le Département de la Défense américain ; une certification de pointe qui lui permettra demain de contribuer à élever le niveau de maturité cyber des organisations africaines.
Elle résume son approche avec une lucidité qui force l’admiration : « Je construis une architecture stratégique. Une architecture de compétences. Une architecture d’alliances. Une architecture d’influence. Et si demain le Burkina Faso devient un hub incontournable de cybersécurité en Afrique francophone, ce ne sera pas un hasard. Ce sera l’aboutissement d’une vision portée longtemps, méthodiquement, stratégiquement. »
En ce 8 mars, Digital Magazine Burkina lui rend hommage
Gaëlle Koanda est la preuve vivante que le talent burkinabè n’a pas de plafond. Que l’on peut partir de Ouagadougou et finir sur la scène du Colorado aux côtés d’un gouverneur d’État. Que la cybersécurité peut et doit avoir un visage africain, francophone et féminin. En ce 8 mars, Digital Magazine Burkina lui rend un hommage sincère et appuyé, et rappelle à chaque jeune fille burkinabè que son avenir n’est pas derrière un écran en tant que simple utilisatrice mais dans sa construction, dans sa protection, dans sa souveraineté.
Pierre Ouédraogo
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