À l’issue d’une rencontre entre l’ambassadeur David Kabré et le ministre Haruna Iddrisu tenue ce 15 janvier, comme on peut le lire sur la page Facebook de l’ambassade du Burkina au Ghana, les deux pays s’engagent au déploiement d’enseignants d’anglais ghanéens au Burkina et de profs de français burkinabè au Ghana, couplé à l’accès facilité aux universités publiques ghanéennes. Un modèle d’intégration régionale en marche.
Discuter des moyens de renforcer la coopération bilatérale dans le secteur de l’éducation, tel est l’objet de l’ambassadeur Kabré de sa visite auprès du ministre ghanéen de l’enseignement. Cette initiative concrète et très positive qui entre dans le cadre des relations bilatérales entre ces deux pays voisins qui partagent une frontière et une histoire d’échanges, mais séparés par la barrière linguistique (anglais vs français). C’est justement pour lever cette barrière que la rencontre d’Accra se tient sur l’élargissement de l’accès aux établissements publics d’enseignement supérieur du Ghana pour les étudiants burkinabés et sur le renforcement de l’enseignement de l’anglais au Burkina Faso.
L’échange d’enseignants (anglophones ghanéens vers le Burkina pour l’anglais / francophones burkinabè vers le Ghana pour le français) est une excellente idée. En effet, cela répond directement à un besoin réel. Au Burkina Faso, l’anglais reste une langue faiblement maîtrisée malgré son importance croissante à l’international. Quant au Ghana, le français est enseigné mais souvent de manière limitée ; renforcer sa présence via des locuteurs natifs serait un atout majeur.

Les universités publiques ghanéennes s’ouvrent aux bacheliers burkinabè à tarifs accessibles
Cette rencontre aura donc permis de mettre sur la table quelques propositions afin de matérialiser cet échange linguistique. Notamment : ouvrir les universités publiques ghanéennes aux bacheliers burkinabè à des frais abordables.
Le Ghana possède plusieurs institutions de qualité (Legon, KNUST, UCC, etc.) qui sont relativement bien classées en Afrique de l’Ouest. Cela peut offrir une alternative crédible et moins coûteuse que le Maroc, la Tunisie, la France ou le Canada pour les étudiants burkinabè.
L’ambassadeur David Kabré a également sollicité le soutien du Ghana pour améliorer l’enseignement de l’anglais au Burkina Faso grâce à des programmes structurés de formation des enseignants et au déploiement d’enseignants qualifiés en anglais.
Le ministre ghanéen Haruna Iddrisu, très ravi des échanges avec son hôte du jour, annonce concrètement le lancement d’un programme d’échange de travail. Au-delà de l’éducation, ce programme se veut également un levier culturel et diplomatique. Et le ministre Haruna Iddrisu le dit explicitement : “Ce programme va renforcer la compréhension mutuelle et les échanges culturels”. À l’issue de cette rencontre, on peut donc affirmer que Haruna Iddrisu et David Kabré posent les bases d’une coopération éducative gagnant-gagnant.
Pierre Ouedraogo
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