Burkina Faso – Lutte contre le fil importé : la BMCRF renforce les contrôles pour protéger le pagne Faso Danfani

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Un symbole de souveraineté économique sous surveillance

La Brigade Mobile de Contrôle Économique et de la Répression des Fraudes (BMCRF) a intensifié en 2025 les opérations de contrôle sur le fil à tisser et les pagnes tissés, véritables symboles de souveraineté pour le pagne Faso Danfani au Burkina Faso. Ces opérations s’inscrivent dans la mise en œuvre de la politique nationale de promotion et de protection des productions locales, consécutive au communiqué interdisant l’importation des fils de tissage et des pagnes tissés sur le territoire national. Pour se faire, la coordination de la BMCRF a tenu un point de presse à Ouagadougou ce 24 mars 2026, pour présenter le bilan des saisies opérées en 2025 et en début d’année 2026. Cet exercice a permis au coordonnateur de faire l’état des fils et pagnes saisis chez les fraudeurs, mais aussi de rappeler le cadre légal et les objectifs de la mesure. 

Bilan 2025-2026 : 20,5 millions de francs CFA de fils et pagnes saisis, 3 100 000 francs d’amendes, et 319 pièces de pagnes contrefaits retirées du marché

Selon Sanibè FAHO, coordonnateur de la BMCRF, l’objectif n’est pas de « pénaliser les artisans ou les commerçants, mais de protéger la production nationale, de stimuler la transformation locale, de créer des emplois et de la valeur ajoutée, afin de renforcer notre souveraineté ». Cette stratégie accompagne notamment la société FILSAH, acteur clé de la filature de coton au Burkina Faso.

Sanibè FAHO, coordonnateur de la BMCRF (milieu) : “Protéger la production nationale, c’est renforcer notre souveraineté économique.”

2025 : une année de contrôles intensifs sur les fils et pagnes à tisser

Courant 2025, la BMCRF a mené une vaste campagne de contrôles sur les axes routiers et dans les lieux de commerce, ciblant les fils de tissage et les pagnes tissés importés en violation de la réglementation. Ces sorties ont permis de vérifier des centaines de véhicules de transport, des tricycles, des motos transportant des bagages, ainsi que des boutiques de mercerie, des dépôts de tissus et des importateurs, grossistes et détaillants du secteur.

Les opérations ont abouti à une importante saisine de fils et de pagnes tissés illégalement introduits sur le marché, pour une valeur globale dépassant les 20 millions de francs CFA, assortie d’amendes infligées aux fraudeurs. Le coordonnateur Sanibè FAHO a rappelé que « les contrôles ont permis de saisir des fils de tissage et des pagnes tissés d’une valeur de plusieurs dizaines de millions de francs CFA et d’infliger des amendes au profit du Trésor public », preuve que le phénomène de fraude conserve « la peau dure » malgré l’interdiction.

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Etat des saisies et message de fermeté

Les contrôles ont permis de saisir des fils de tissage et des pagnes tissés d’une valeur de 20 504 725 francs CFA. De façon détaillée, ces contrôles ont permis de saisir 319 pièces de pagnes Faso Danfani contrefaits, d’infliger 3 100 000 francs d’amende au profit des trésors publics, de saisir également 174 lots de pagnes dans la région du Guélico, de saisir plus de 10 160 bobines de fils à tisser importés et de saisir 12 rouleaux de tissus imprimés au motif de façon d’enfants. Également, 2 108 pièces de pagnes tissés importées ont fait l’objet de saisies. Et également, 10 pagnes imprimés ont été saisis et remis aux femmes déplacées.

Sanibè FAHO a souligné que cette interdiction vise à protéger la production nationale assurée notamment par la société FILSAH, spécialisée dans la transformation du coton local en fil, et à « stimuler la transformation locale » afin de soutenir la filière coton-textile-habillement. Il a réaffirmé que l’interdiction de l’importation des fils de tissage et des pagnes tissés reste pleinement en vigueur et les opérations de contrôle se poursuivent sur l’ensemble du territoire national en 2026 et pour les années à venir.

Appel à la collaboration des populations, commerçants et artisans

Au-delà des saisies et des sanctions, la BMCRF mise sur la sensibilisation et la collaboration de tous les acteurs. Des rencontres ont été organisées avec les principaux intervenants du secteur pour expliquer les fondements de la mesure et ses répercussions sur l’économie nationale. La brigade insiste sur la nécessité pour les commerçants et artisans de se départir de l’utilisation des fils importés qui minent l’essor de l’industrie nationale.

« Je les invite à la prise de dispositions urgentes pour se conformer aux mesures, car tout contrevenant s’exposera à des sanctions conformes à la réglementation », a prévenu Sanibè FAHO. Il appelle également à « la franche collaboration des populations » pour dénoncer les cas de fraude, en utilisant notamment les numéros verts mis à disposition par l’administration.

Sanibè FAHO a exprimé sa gratitude envers tous les partenaires qui contribuent à faire du marché des fils à tisser au Burkina Faso un espace mieux régulé et plus favorable à la production locale. L’objectif affiché pour 2026 est clair : réduire drastiquement la fraude sur le fil importé, afin que le pagne Faso Danfani et les autres pagnes burkinabè continuent de tisser la souveraineté économique du pays.

Pierre Ouédraogo


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