Mois de la Femme · Burkina Faso / Mariam Edwige Sanou : Codeuse, médiatrice, bâtisseuse : la Simplon qui met l’emploi numérique à portée de tous

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Développeuse web et Chargée de Projets et Médiation Emploi chez Simplon Burkina Faso, elle incarne l’ambition de la fabrique numérique la plus inclusive du pays : former, connecter et insérer les jeunes burkinabè ; et en particulier les jeunes filles ; dans les métiers du numérique. Son terrain, c’est le code. Sa mission, c’est l’humain.

En ce mois de mars dédié aux femmes, Digital Magazine Burkina choisit de braquer ses projecteurs sur une femme du quotidien numérique burkinabè ; pas une ministre, pas une PDG d’envergure internationale, mais une femme de terrain dont le travail, chaque jour, change concrètement des vies. Elle s’appelle Mariam Edwige Sanou et elle cumule un double rôle au sein de Simplon Burkina Faso : développeuse web d’un côté, Chargée de Projets et Médiation Emploi de l’autre. Deux missions complémentaires qui font d’elle l’une des figures les plus engagées de l’inclusion numérique à Ouagadougou ; et un modèle discret mais puissant pour toutes les jeunes filles burkinabè qui hésitent encore à pousser la porte du numérique.

Simplon Burkina : une fabrique numérique inclusive au cœur du Faso

Pour comprendre le rôle de Mariam Edwige Sanou, il faut d’abord comprendre la structure dans laquelle elle s’épanouit. Inaugurée en janvier 2020 à Ouagadougou, en partenariat avec l’Agence Universitaire de la Francophonie et l’Université Joseph Ki-Zerbo, soutenue par le Ministère français des Affaires étrangères et la Fondation Société Générale, Simplon Burkina Faso est bien plus qu’une école de code. C’est une entreprise sociale dont la vocation profonde est de transformer des jeunes éloignés de l’emploi ; peu ou pas diplômés, femmes, personnes en situation de handicap ; en talents du numérique, opérationnels et immédiatement employables.

La pédagogie active qui y est pratiquée est radicalement différente des cursus classiques : pas de cours magistraux, pas de transmission passive du savoir ; les apprenants sont mis en situation de travail réel dès le premier jour, résolvant des problèmes concrets, collaborant en équipe, développant leur esprit critique et leur créativité face aux défis techniques. C’est dans cet environnement exigeant et bienveillant à la fois que Mariam Edwige Sanou exerce ses talents, avec une double casquette que peu de professionnels du numérique portent simultanément : praticienne du code et tisseuse de liens entre les apprenants et le monde du travail.

Mariam Edwige Sanou est une une technicienne accomplie dans un métier de demain

Développeuse web : le code comme langage de l’engagement

Être développeuse web en Afrique de l’Ouest, c’est encore aujourd’hui un acte qui tranche dans le paysage professionnel. Le secteur reste dominé par les hommes, les femmes codeuses sont encore trop peu visibles, trop peu valorisées, trop souvent absentes des postes techniques de premier plan. Mariam Edwige Sanou est de celles qui changent cette réalité ; non par des discours, mais par la pratique quotidienne de son métier.

En exerçant comme développeuse web au sein même de Simplon Burkina, elle envoie un message fort et concret à chacun des apprenants qui franchit les portes de la fabrique numérique : oui, une femme burkinabè peut coder, peut concevoir des solutions web, peut être une technicienne accomplie dans un métier de demain. Sa présence au quotidien sur les projets techniques est en elle-même une pédagogie ; celle de l’exemple, la plus convaincante de toutes.

Mariam Edwige Sanou en compagnie de ses collaborateurs de Simplon Burkina Faso

Médiation Emploi : tisser les fils entre les talents et les opportunités

Son second rôle ; Chargée de Projets et Médiation Emploi ; est celui qui révèle le plus clairement la profondeur de son engagement. La médiation emploi, c’est l’art délicat de faire se rencontrer deux mondes qui se cherchent sans toujours se trouver : des jeunes diplômés du numérique bourrés de compétences, et des entreprises qui peinent à identifier ces talents, à les évaluer et à leur faire confiance.

Ce travail de pont ; invisible pour les uns, décisif pour les autres ; exige une connaissance approfondie des deux rives : les besoins réels des employeurs burkinabè en matière de compétences numériques, d’un côté, et le profil, le niveau et les ambitions de chaque apprenant de Simplon, de l’autre. Mariam Edwige Sanou navigue entre ces deux univers avec la fluidité de quelqu’un qui les connaît de l’intérieur ; ayant elle-même choisi le chemin du numérique et sachant ce que cela demande de courage et de travail.Dans un contexte où le taux de chômage des jeunes burkinabè reste préoccupant et où le marché du travail numérique peine encore à s’organiser, son rôle de médiatrice est stratégique. Chaque insertion réussie, chaque contrat signé entre un alumni de Simplon et une entreprise, chaque stage transformé en emploi durable ; c’est autant de preuves concrètes que la formation inclusive et l’accompagnement vers l’emploi peuvent constituer un levier puissant de développement économique local.

Mariam Edwige Sanou en compagnie de ses collaborateurs de Simplon Burkina Faso

La JPE 2025 : quand Simplon crée un espace de parole pour les jeunes filles

L’un des projets les plus emblématiques de son engagement est sa présidence du comité d’organisation de la 5e Journée de Partage d’Expériences (JPE) organisée par Simplon Burkina, tenue le 25 octobre 2025 à Koubri, dans les locaux des ALIZÉS. Sous le thème fédérateur « Jeunes filles et réseaux sociaux », cette édition a réuni des jeunes filles venues de différents horizons pour deux grands panels : « Les jeunes filles au cœur des réseaux sociaux : avantages et risques » et « La femme au cœur de la digitalisation ».

En sa qualité de présidente du comité d’organisation, Mariam Edwige Sanou a expliqué la genèse de cette initiative avec une clarté qui dit tout de sa vision : « Nous avons constaté que les jeunes filles n’avaient pas beaucoup de cadre de partage d’expériences, c’est dans cet élan que nous avons pensé à la mise en place de ce cadre JPE. »

Cette initiative révèle une dimension de son travail que son titre officiel ne laisse pas immédiatement percevoir : Mariam Edwige Sanou est aussi une conceptrice d’espaces de parole et d’apprentissage, une femme qui identifie un manque dans le tissu social et décide de le combler ; avec les moyens disponibles, avec l’énergie des convaincus, avec la constance de ceux qui croient que chaque jeune fille sensibilisée est une graine de transformation.

L’inclusion numérique féminine : un combat de chaque instant, sur le terrain

Ce qui distingue Mariam Edwige Sanou dans le paysage des acteurs du numérique burkinabè, c’est la cohérence absolue entre ce qu’elle fait et ce qu’elle promeut. Elle ne milite pas pour l’inclusion des femmes dans le numérique depuis une tribune ou un compte Twitter ; elle vit cet engagement au quotidien, dans les salles de formation de Simplon, dans les rendez-vous avec les employeurs, dans les cercles de partage avec les jeunes filles de Koubri.

Dans un Burkina Faso où la fracture numérique de genre reste significative ; les femmes représentent encore une minorité dans les formations aux métiers du numérique et davantage encore dans les emplois tech ; son double profil de technicienne et d’accompagnatrice est particulièrement précieux. Elle prouve par l’exemple que les deux ne s’excluent pas : on peut écrire du code le matin et construire des ponts vers l’emploi l’après-midi. On peut être une développeuse rigoureuse et une médiatrice empathique. On peut maîtriser les langages des machines et le langage des humains.

En ce mois de mars, Digital Magazine Burkina lui rend hommage

Les révolutions et mutations numériques ne se font pas seulement dans les data centers et les conseils d’administration ; elles se font aussi dans les salles de formation de Koubri, dans les échanges entre une médiatrice emploi et une jeune apprenante qui n’osait pas encore rêver d’une carrière dans la tech, dans les lignes de code écrites par une femme burkinabè pour montrer à d’autres que c’est possible. Mariam Edwige Sanou est l’une de ces architectes silencieuses du Burkina Faso numérique de demain. En ce mois de mars, Digital Magazine Burkina lui rend un hommage sincère et rappelle que les femmes de terrain méritent autant de lumière que les femmes de podium.

– Digital Magazine Burkina | 8 mars 2026

Pierre Ouédraogo


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