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Nommée Directrice Générale de la Transformation Digitale par décret en février 2024, Chevalier de l’Ordre du Mérite des Arts, des Lettres et de la Communication, aujourd’hui coordonnatrice du projet PACTDIGITAL-BF ; 96 milliards FCFA sur cinq ans financés par la Banque mondiale ; Haoua Ouattara/Dama pilote en silence mais avec méthode la modernisation numérique de l’administration burkinabè.
En ce mois de mars dédié aux femmes, Digital Magazine Burkina met en lumière une ingénieure dont l’action quotidienne touche, souvent sans que les citoyens le sachent, à la qualité même des services que l’État leur rend. Son nom, Haoua Ouattara/Dama. Son terrain : la transformation digitale de l’administration publique burkinabè. Sa conviction : que l’État burkinabè peut et doit être plus accessible, plus efficace et plus proche de ses citoyens grâce au numérique. Ingénieure de conception en informatique, ancienne Directrice Générale de la Transformation Digitale (DGTD), Chevalier de l’Ordre du Mérite, et aujourd’hui coordonnatrice nationale du projet PACTDIGITAL-BF financé par la Banque mondiale ; elle est l’une des femmes les plus influentes de la gouvernance numérique au Burkina Faso.
De l’ingénierie informatique à la direction générale : un parcours dans les entrailles de l’État
Ingénieure de conception en informatique, Haoua Ouattara/Dama a construit son expertise au fil d’une longue carrière dans l’administration publique burkinabè, immergée dans les réalités des systèmes d’information gouvernementaux bien avant d’accéder aux plus hautes responsabilités dans ce domaine. Ses contributions à la direction de l’intranet gouvernemental et à divers projets de modernisation administrative lui confèrent une connaissance des systèmes de l’intérieur ; celle qui permet non seulement de concevoir des réformes, mais de les implémenter avec réalisme dans des structures dont elle connaît parfaitement les contraintes et les ressorts.Son profil d’ingénieure technicienne doublé d’une expérience de gestionnaire de projets publics complexes l’a naturellement conduite vers des responsabilités croissantes. Elle intervient régulièrement dans les médias nationaux ; notamment sur la RTB et 3TV ; pour expliquer les enjeux de la transformation digitale aux citoyens et sensibiliser les populations aux nouveaux outils numériques de l’État. Cette capacité à vulgariser des sujets techniques pour le grand public est l’une de ses marques de fabrique les plus précieuses dans un contexte où l’appropriation citoyenne du numérique reste un défi majeur.

DGTD : aux commandes de la dématérialisation de l’État burkinabè
En février 2024, un décret du Conseil des ministres la nomme Directrice Générale de la Transformation Digitale (DGTD) au sein du Ministère de la Transition Digitale, des Postes et des Communications Électroniques ; une nomination qui lui confie la responsabilité opérationnelle de la modernisation numérique de l’administration publique burkinabè. Une mission aussi vaste qu’exigeante dans un contexte de transition où les attentes des citoyens et des partenaires techniques sont élevées.
Son mandat à la DGTD se distingue par des réalisations concrètes et mesurables. Elle supervise la dématérialisation d’une vingtaine de procédures administratives sur les 43 identifiées comme prioritaires ; des démarches jusqu’ici tributaires de déplacements physiques, de files d’attente et de délais parfois décourageants. Parmi les plateformes phares déployées sous son mandat : eTimbre, qui permet d’obtenir le timbre fiscal en ligne sans se déplacer dans une administration, et Teng@topo, plateforme de dématérialisation des procédures topographiques et foncières ; deux innovations numériques qui répondent à des besoins concrets et quotidiens des Burkinabè.
Elle organise également des formations pour les Directeurs des Systèmes d’Information (DSI) des ministères sur des outils comme iTop, renforçant les capacités humaines qui conditionnent la durabilité de toute transformation numérique. Elle contribue par ailleurs aux forums sur l’état de la digitalisation en partenariat avec l’Union Européenne, et anime des sessions lors de la Semaine du Numérique 2024 consacrée aux FinTech ; affirmant ainsi la dimension à la fois opérationnelle et stratégique de son leadership.
PACTDIGITAL-BF : 96 milliards FCFA pour transformer le Burkina numérique de fond en comble
Après la passation de service à la DGTD, Haoua Ouattara/Dama prend les rênes de la coordination nationale du projet PACTDIGITAL-BF ; un programme financé à hauteur de 96 milliards de francs CFA par la Banque mondiale sur cinq ans (2024-2029) pour accélérer la transformation numérique inclusive du Burkina Faso. C’est l’un des plus grands programmes de financement extérieur jamais dédiés au numérique dans le pays ; et Haoua Ouattara/Dama en est la cheffe d’orchestre.
Les objectifs de PACTDIGITAL-BF sont structurants : étendre l’accès au haut débit dans les zones rurales et mal desservies via la pose de fibre optique et la construction d’hôtels de télécommunications, améliorer la disponibilité et l’accessibilité des services publics numériques, renforcer les compétences numériques des bénéficiaires et promouvoir l’inclusion numérique à travers les Maisons du Citoyen et des ateliers régionaux. Trois piliers ; infrastructures, services et compétences ; pour une transformation qui ne laisse personne de côté.Les premiers résultats sont encourageants. Lors de la mission conjointe avec la Banque mondiale en juin 2025, le taux de réalisation du projet était évalué à plus de 52% : 10 recommandations sur 19 pleinement exécutées, 8 partiellement, avec un accent particulier sur les infrastructures, l’inclusion numérique et le renforcement des compétences. Des ateliers régionaux ; comme celui de Tannou-Touta en juillet 2025 ; ont outillé les parties prenantes locales pour accélérer la digitalisation sur le terrain.
Chevalier du Mérite, accueil de la ministre, mission Banque mondiale : la rigueur reconnue
Le travail de Haoua Ouattara/Dama a été officiellement reconnu par l’État burkinabè à travers la distinction de Chevalier de l’Ordre du Mérite des Arts, des Lettres et de la Communication ; une médaille qui salue non seulement son expertise technique, mais aussi sa contribution à la communication et à la pédagogie numérique, dimensions souvent sous-estimées pourtant essentielles dans tout projet de transformation digitale d’envergure nationale.
En janvier 2025, elle accueille la ministre Dr Aminata Zerbo/Sabané en visite à l’Unité de Gestion du Projet ; une rencontre de deux femmes au cœur du numérique burkinabè, qui illustre la cohérence d’un écosystème où les femmes de terrain et les femmes de gouvernance se retrouvent autour des mêmes ambitions pour le pays. En décembre 2025, lors d’une mission de la Banque mondiale, elle exprime avec confiance ses perspectives pour 2026 ; année où PACTDIGITAL-BF devrait atteindre son plein régime ; tout en plaidant pour l’allègement des procédures administratives qui conditionnent la vitesse d’exécution du programme.

Ces interactions à haut niveau ; avec la Banque mondiale, la ministre de tutelle, les DSI ministériels, les acteurs régionaux ; dessinent le portrait d’une coordinatrice qui maîtrise autant les enjeux techniques que les dynamiques institutionnelles, et qui sait naviguer entre les exigences des bailleurs, les contraintes de l’administration et les besoins réels des citoyens.
2026 et au-delà : les défis d’un Burkina Faso pleinement connecté
Le bilan de PACTDIGITAL-BF à mi-parcours est prometteur, mais les défis les plus complexes restent à relever. Haoua Ouattara/Dama les identifie avec une lucidité qui force le respect : le désenclavement numérique des zones rurales, la finalisation et la mise en service des data centers nationaux, le déploiement d’un RÉSINA performant qui interconnecte les ministères en temps réel, et le déploiement des Maisons du Citoyen comme points d’accès numériques de proximité pour les populations les plus éloignées des services en ligne.
Ces défis ont un point commun : ils exigent une coordination sans faille entre acteurs publics, partenaires techniques, collectivités territoriales et populations bénéficiaires. C’est précisément le terrain sur lequel Haoua Ouattara/Dama excelle ; celui de la coordination stratégique au service de l’impact opérationnel. L’année 2026, qu’elle a désignée comme celle du « plein régime » de PACTDIGITAL-BF, sera le vrai test de la transformation numérique burkinabè. Et elle y sera, comme toujours, à la manœuvre.
En ce mois de mars, Digital Magazine Burkina lui rend hommage
Dans le grand chantier de la transformation numérique du Burkina Faso, il y a des femmes dont le travail ne se mesure pas en titres ronflants ou en apparitions médiatiques, mais en formulaires dématérialisés, en procédures simplifiées, en citoyens qui n’ont plus à traverser Ouagadougou pour obtenir un timbre fiscal. Haoua Ouattara/Dama est de celles-là. Ingénieure, gestionnaire de projet, coordinatrice nationale et pédagogue du numérique ; elle est l’une des figures les plus complètes et les plus indispensables de l’écosystème digital burkinabè. En ce mois de mars, Digital Magazine Burkina lui rend un hommage mérité et rappelle que l’État de demain se construit aussi avec des femmes comme elle ; discrètes dans leur communication, déterminées dans leur action.
Digital Magazine Burkina | 8 mars 2026
Pierre Ouedraogo
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