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Le gouvernement ivoirien a annoncé le 4 mars 2026 une réduction drastique de près de 60% du prix d’achat du cacao aux producteurs, passant de 2 800 FCFA à 1 200 FCFA le kilogramme. Cette mesure, justifiée par la chute de la valeur marchande mondiale du cacao, vise à relancer la filière en crise, mais elle suscite une vive controverse parmi les acteurs du secteur.
Rôle controversé du Conseil Café Cacao
Le Conseil Café Cacao (CCC), chargé de stabiliser les prix et de réguler la filière, est pointé du doigt dans cette crise. Traditionnellement garant de la rémunération des planteurs, son efficacité est remise en question face à la chute des cours mondiaux et aux dysfonctionnements actuels. Les critiques soulignent son incapacité à anticiper la baisse des prix internationaux, rendant inévitable cette correction brutale.
Stocks Bloqués : 102 000 tonnes en attente
La Côte d’Ivoire détient environ 102 000 tonnes de stocks de cacao invendus, dont la commercialisation est paralysée. Les tensions entre l’Office Ivoirien d’Achats de Café et de Cacao (OIACC) et le CCC bloquent la gestion de ces réserves, aggravant les problèmes d’approvisionnement. Cette situation empire la crise, alors que les multinationales attendent des prix alignés sur le marché mondial.
Exploitation des agriculteurs par les intermédiaires
Les producteurs détenant des tickets à 2 800 FCFA le kilo sont théoriquement payés à ce tarif, mais beaucoup subissent l’exploitation d’intermédiaires peu scrupuleux. Ces derniers proposent des prix inférieurs pour racheter à bas coût, privant les agriculteurs d’une rémunération juste. Cette pratique informelle accentue les inégalités dans une filière vitale pour des millions de familles ivoiriennes.
Manque de contrôle sur le marché
Le marché du cacao ivoirien souffre d’un déficit de régulation, favorisant les multinationales et les délégations du CCC. Ce laxisme entraîne des perturbations d’approvisionnement et une volatilité des prix, au détriment des petits producteurs. Des mesures urgentes de contrôle sont réclamées pour restaurer l’équilibre et protéger la première puissance mondiale du cacao face aux aléas mondiaux.
Pierre Ouédraogo
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