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La Direction Générale de la Police Nationale a officiellement lancé ce 24 février 2026 à Ouagadougou un nouveau dispositif de sécurité communautaire baptisé “Police Yaka”. La cérémonie, empreinte de solennité, s’est tenue en présence du Directeur général de la Police nationale, l’Inspecteur général Thierry Dofizouho Tuina, devant les chefs Dozo, les représentants de la société civile et les populations de l’arrondissement 6. Elle marque une rupture assumée avec les anciens modèles de police de proximité jugés insuffisants face aux défis sécuritaires actuels.

“Yaka” : un nom pour rapprocher
Le choix du nom n’est pas anodin. En langue mooré, Yaka signifie “voisin”. Une dénomination qui résume à elle seule l’ambition du dispositif. Comme l’a explicité le Directeur général lors de la cérémonie, le concept de “Police Yaka” traduit l’idée que la police est proche du citoyen et va à sa rencontre, non sous l’angle de la répression, mais dans la dynamique de la sensibilisation et de la confiance mutuelle.
Placée sous le thème “Une police communautaire proactive au service de nos citoyens pour une sécurité au quotidien”, cette initiative ancre résolument l’institution dans la réalité culturelle et sociale burkinabè.

De la répression à la coproduction
Dans un contexte marqué par la lutte contre le terrorisme et une insécurité grandissante, restaurer la confiance entre l’uniforme et le citoyen est devenu une nécessité stratégique. La Police Yaka entend opérer un changement de paradigme profond à savoir passer d’une logique répressive à une logique de coproduction de la sécurité.
“Il apparaît nécessaire d’adopter une approche sécuritaire préventive, participative et centrée sur la proximité, qui favorise la coproduction de la sécurité entre la police et la population”, a déclaré Thierry Dofizouho Tuina. L’idée centrale est de faire du citoyen un acteur à part entière de sa propre sécurité, et non un simple bénéficiaire passif.

Concrètement, ce nouveau dispositif repose sur trois piliers : une présence régulière des forces de l’ordre au cœur des quartiers, une écoute active des préoccupations spécifiques des habitants, et une remontée rapide des informations pour anticiper les menaces avant qu’elles ne se cristallisent.
Un dispositif opérationnel dès la phase pilote
Pour sa phase de démarrage, la Police Yaka est dotée d’une trentaine d’agents et de vingt motos nouvellement acquises, déployés dans l’arrondissement 6 de Ouagadougou, couvrant notamment les quartiers de Belle-Ville, Bonheur-Ville, Wapassi et Cissin, etc. L’extension progressive vers les autres arrondissements de la capitale est d’ores et déjà programmée.

L’initiative recueille un accueil favorable auprès des autorités locales. Le Président de la délégation spéciale de l’arrondissement 6, Séverin Sanou, s’est félicité de ce lancement : “Police Yaka viendra améliorer la prévention, la communication, la confiance, et raffermir les liens de collaboration pour mieux anticiper les menaces dans nos quartiers et secteurs.” a-t-il déclaré.

Un appel à la confiance et à la collaboration
Pour que le dispositif atteigne pleinement ses objectifs, l’adhésion des populations demeure indispensable. Le Directeur général de la Police nationale a d’ores et déjà lancé un appel clair à la population : ne pas avoir peur à la vue des policiers, et collaborer avec eux en toute franchise. Car la sécurité, comme le suggère le nom même de cette initiative, commence dans le voisinage et se construit ensemble.
Pierre Ouédraogo
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